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Le Feu divin de Robert LYNDON ; trad. de Elodie LEPLAT

Couverture Feu divin de Robert LYNDON

 

Un roman du feu de Dieu !

Envie d’un périple médiéval  à travers océans, montagnes et déserts arides ? Ce livre vous appelle déjà ! Dans une Europe du  11è siècle déchirée par les guerres,  une compagnie dont les membres ayant déjà bien bourlingué pour la plupart se rassemble autour de  la quête de l’arme absolue repérée en Chine (encore plus dévastatrice que le feu grégeois) . Ils devront mener moultes batailles sur mer, dans la tourmente, contre les normands et contre des peuples rencontrés sur leur chemin.

Les personnages, dont la plupart se connaissent déjà sont soldats, érudits, jeunes recrues à former, femmes indépendantes . A leur tête, Vallon, un mercenaire franc, portant un secret le liant à un jeune soldat. Leurs relations cimenteront le récit et les échanges avec un de ses compagnons le plus proche. Tout au long du récit, on ne perd rien des réflexions qui animent Vallon et ses proches, leurs hésitations, qui rendent leurs personnages plus complexes. Heureusement, car une fois ou deux, on frôle le cliché du côté de la description des relations intimes hommes -femmes !

Un  point fort du livre réside dans l’architecture très documentée du roman : le contexte historique autour de Constantinople, l’Asie et notamment la société chinoise,  la vie des soldats, les détails des batailles, l’élevage des faucons pour la chasse, tout est très réaliste et, même pour ceux que ça n’intéresse pas, cela ne pèse pas  lors de la lecture.

Un livre vraiment dépaysant à recommander pour tout type de lecteurs et dans le même genre que « La Religion » de Tim WILLOCKS.

pour le réserver au catalogue de la MD68, c’est ici

 

 

 

Le nuage d’obsidienne d’Eric MCCORMACK

lenuage-dobsidienne

 

Nous qui vivons aujourd’hui, dans un monde aussi troublant qu’inconstant, nous sommes comme le vieil Archimède : nous manquons de tout fondement solide pour dissocier l’illusion du réel.

Couverture du livre :

 

La rencontre entre un livre mystérieux et Harry Steen le met en mouvement, à travers plusieurs pays et à l’intérieur de lui-même. Le mystère contenu dans ce livre est de l’ordre de la science fiction et ce nuage d’obsidienne pourrait bien ressembler au monolithe de « 2001 l’odyssée de l’espace« . Tout au long du livre, des éléments fleurtent avec le fantastique ou les récits horrifiques mais le mystère n’est jamais résolu entièrement.

Cette ambiance est entretenue par un style d’écriture un peu suranné qui fait qu’on se demande si on est dans un livre écrit de nos jours ou à la fin du 19è siècle : les Hauts de Hurlevents  pour Duncairn Manor, la maison isolée dans les landes et l’histoire d’amour tragique,   Frankenstein pour les créatures issues des expériences menées par le professeur Dupont . Il y a là un mélange de réalisme et de fantastique à l’image du personnage principal qui essaie de se raisonner mais n’y arrive pas toujours.

Voilà ce qu’il est lorsque je suis calme et objectif. Mais quand je quitte cet état d’esprit, le catalogue des explications rationnelles me paraît vain et vide. Il n’y a plus rien que l’aveuglement, une manière pour moi d’éviter de reconnaître ce qui me terrifie réellement, à tel point que j’ai presque peur de le formuler par des mots, de peur que ces mots ne s’avèrent prophétiques.

Les personnages gardent aussi leur part d’ombre et c’est très bien ainsi.

Une fois de plus, je me rendais compte que, si j’avais été proche de lui (Gordon), je le connaissais à peine. Ce qui n’aurait pas dû me surprendre, évidemment. Quand nous prenons un tel soin de déguiser nos vrais sentiments, aux autres, pourquoi devrions-nous espérer lire en eux ?

A bien des égards, elle était pour moi un si complet mystère que face à elle,  je me sentais désarçonné.

Pour les amateurs d’histoire d’amour tragique, les motivations de la femme qui lui a brisé le coeur ne seront révélées qu’à la fin du livre.

Les livres occupent une grande place dans ce roman. Ils ont des pouvoirs comparables à celui des êtres vivants et à travers eux se créent des liens. Le fils de Harry va ouvrir une librairie – cabinet de curiosités propre à rassasier les amateurs de livre rares. J’ai vérifié certains titres, ils existent : « The Poor Man and the Lady (1867) (Le pauvre homme et la Dame) de Thomas Hardy.

Quand j’avais ouvert ce vieux quarto pour la première fois et vu là, sur la page de titre le mot « Duncairn » imprimé, j’aurais presque pu croire que le livre m’attendait, qu’il m’avait en quelque sorte choisi… Naturellement, j’ai conscience que l’idée même d’un livre détenant de pareils pouvoirs n’est que pure absurdité romantique.

C’est un roman très divertissant (on y découvre des coutumes érotiques exotiques pratiqués autrefois au détour d’un des différents séjours de Harry !).

C’est léger et grave à la fois et la couverture donne une bonne idée du contenu touffu. Des pistes sont ouvertes qui permettraient même une suite !

Si ça vous a donné envie, la réservation se fait là, sur le catalogue de la MD68.

J’avais chroniqué un autre livre qui pourrait intéresser le même lectorat : « Corps mémorables » de Marcel Théroux .

En bonus, « Wuthering heights » de Kate Bush  vidéo expressive version 1978 que j’ai revue avec beaucoup de plaisir à l’occasion.

CORBEAU = OISEAU DE BONHEUR : La Douleur porte un costume de plumes de Max PORTER ; Trad. de Charles RECOURSE

Un homme se retrouve seul avec ses enfants après la mort de sa femme. Un corbeau un peu grande gueule et pas gêné du tout va les aider à traverser leur deuil pour repartir de plus belle, armés de leur amour.

La Douleur porte un costume de plumes est un gros coup de coeur pouvant convenir aux amateurs de famille pas sage où règne le merveilleux de l’enfance.

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Même la couverture est belle !

Un oeil de jais brillant et gros comme mon visage, qui cillait lentement dans un orbite de cuir fripé, un renflement au milieu d’un testicule taille ballon de football.

Le récit de cette renaissance est fait par tous les personnages, y compris le corbeau qui y apporte souvent une touche d’humour vachard. Le tout est servi pas une langue que je trouve très belle et proche de la poésie dans son rythme, mais sans pleurnicherie.

Dernière phrase :

Et les garçons étaient derrière moi, une digue de rires et de cris qui s’accrochait à mes jambes, trébuchant et se rattrapait, sautait, virevoltait, chavirait, rugissait, brillait, et les garçons ont crié

JE T’AIME JE T’AIME JE T’AIME

et leurs voix était la vie et le chant de leur mère.

Inachevé, magnifique, l’univers.

Voir le résumé , réserver sur Calice le Portail des Bibliothèques du 68 : ICI

Un autre livre (très différent ) qui parle du deuil d’un père et de sa relation avec ses enfants dont il est séparé : Corps variables de Marcel THEROUX

Et aussi, sur le deuil : http://litterature.calice68.fr/deprimes-evitez-cette-rubrique/

Une belle critique sur Salon littéraire http://salon-litteraire.com/fr/la-selection/content/1939550-max-porter-la-douleur-porte-un-costume-de-plumes

B. Wolf-Kiené

 

 

 

 

L’homme qui en savait trop : « J’ai vu un homme » de Owen SHEERS ; trad. de Mathilde BACH

jai vuSi vous voulez une idée de livre à adapter au cinéma, en voilà un qui devrait satisfaire beaucoup de cinéphiles à défaut de tenir en haleine une partie de ses lecteurs.

Je suis partagée à son sujet. Quand j’ai vu la quatrième de couverture, le récit présenté m’avait l’air tout à fait alléchant dans le style roman qui flirte avec le thriller psychologique. De ce côté là, c’est vrai qu’il tient ses promesses en partie, ce n’est pas haletant, mais il y a suffisamment de suspens pour vous faire aller jusqu’au bout.

En quelques mots : Michaël vient de perdre sa jeune femme reporter. Il trouve dans le couple avec enfants qui sont ses voisins un moyen de passer cette période délicate en même temps qu’il deviennent inséparables. Parallèlement, le soldat qui a abattu son épouse, pétri de culpabilité, prend contact avec lui.

Donc, on a comme ingrédients très dans l’air du temps et qu’on a l’impression d’avoir déjà croisés : un jeune veuf, romancier, qui noue une relation avec un couple établi. Sa belle femme indépendante exerçait un métier qui fait rêver (reporter de guerre) dans un contexte d’actualité brûlante – guerre contre le terrorisme à l’aide de nouvelles technologies sur fond de mondialisation. Les thématiques comme la culpabilité, les faux semblants, le métier de romancier et ses relations avec le réel et une dose de  suspens autour de la mort d’un enfant. Forcément, on s’y attendait et elle arrive : La scène de sexe. Et c’est elle qui a failli me faire trébucher tant le style était convenu.

Voilà donc le bémol  : le style très détaillé et qui n’évite pas toujours les clichés. Et j’en arrive à ce que je disais au début : le cinéma devrait nous laisser plus de liberté dans le suivi psychologique des personnages qui sont scrutés avec une clé d’explication pour toutes leurs actions.

Donc, un roman avec des qualités et qui devrait beaucoup plaire à certains lecteurs.

Voir le résumé du livre, réserver sur notre catalogue : ici 

Des compagnons de route pour l’été

51et5WE8jRL__SL160_Pour les vacances à l’étranger, voici quelques petites idées qui pourraient vous accompagner tout l’été.

« L’Amérique des écrivains » : road trip par Pauline GUENA et Guillaume BINET, 2014

Voilà un livre complet qui donne envie de lire tous les écrivains rencontrés. Le principe adopté par les deux auteurs : Pauline GUENA,  auteur elle même, est partie avec Guillaume BINET (photographe)  et leurs quatre enfants pendant un an à la rencontre de 26 grands auteurs américains et des lieux qui les inspirent – soit un périple de 15 000 km environ, avec comme point de départ et d’arrivée, l’amour des livres.

Les questions posées aux écrivains par P. G. portent aussi bien sur leur cheminement dans le métier que sur leurs méthodes de travail et permettent de se rendre compte de la diversité des parcours et de les rendre tous intéressants. Même si l’organisation du métier est différente aux Etats Unis et que la tradition des ateliers d’écriture est au centre de beaucoup de « démarrages », l’envie de raconter par le livre est commune à tous. Le fait que l’auteur soit un écrivain rend très pertinentes ses interrogations et  provoque en retour les questions de certains de ses collègues américains.

G. Binet photographie les auteurs chez eux, mais aussi ses enfants (toujours de façon très naturelle). Il prend aussi des clichés des habitants et des paysages urbains et de pleine nature. De quoi partager une part de l’inspiration qui alimente l’écriture et d’en donner une interprétation visuelle, très belle.

Donc, un livre multiple, de voyage, de photos, de littérature, de témoignages… pour partir loin.

Et en complément, un voyage  (en anglais) sur les traces d’autres personnages de la littérature américaine offert par Télérama

« L’année des volcans » de François Guillaume LORRAIN, spécialiste du cinéma, est certes un auteur français,  mais les destinations où il nous emmène sont exotiques ! Direction les Îles Eoliennes, mais aussi Hollywood.

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Le livre nous dévoile comment une promesse d’un rôle non tenue par Rosselini à son impétueuse maîtresse Anna Magnani a débouché sur le tournage de Vulcano de William Dieterle, film jumeau  de Stromboli avec la rivale du nord, Ingrid Bergman.

Les deux tournages, explosifs déboucheront sur des films peut être pas indispensables. Ce qui est intéressant, c’est le trio Rosselini et ses deux amours, la façon dont les sentiments prennent part aux projets les plus fous et souvent pour de mauvaises raisons.Toutes ces passions et ces faiblesses font un mélange explosif qui donne vie à des situations et des dialogues souvent drôles et réalistes.

 

Et si vo51y0mlUA7NL._SL160_us aimez les acteurs, l’Italie et Hollywood , De si jolies ruines de Jess WALTER , trad. par Jean HESCH, roman choral, réunit aussi ces trois ingrédients avec également de l’humour : (les scènes de navigation avec Richard BURTON aviné par exemple). Les ruines désignent  les acteurs vieillissants, l’Italie d’après guerre mais aussi les bâtisses qui bordent l’Adriatique dans le petit port déserté de Porto Vergogna.

Une jeune actrice s’y réfugie en 1962, fuyant la maladie alors qu’elle devait débuter le tournage de Cléopâtre, à Rome. Aussitôt, le tenancier de l’unique hôtel du village en tombe amoureux. Elle est rejointe par Richard Burton et le producteur intéressé. S’en suivront des péripéties sur différentes époques, des retrouvailles entre des personnages liés par le cinéma et les sentiments. Avec un style à la fois drôle et poignant.

Pour faire la transition avec le cinéma, voici un recueil de nouvelles rééditées :  « La colline des potences » par Dorothy Marie JOHNSON trad. par Liliane Stzain dont un premier volume « Contrée indienne » avait servi de base à plusieurs westerns.

Pour ceux qui apprécient les voyages sous des températures plus fraîches, Katarina MAZETTI nous emmène avec « Ma vie de pingouin » pour une croisière naturaliste du côté de l’Antarctique . Une nouvelles occasion pour l’auteur de nous faire partager les états d’âme de trois personnages hauts en couleur et à priori incompatibles qui vont apprendre à s’apprécier, coincés qu’ils sont sur ce bateau.

Car,  comme dit l’auteur : « Tous les humains sont des icebergs. Il faut se souvenir que neuf dixièmes de nous sont invisibles sous la surface. C’est ce qui rend l’existence si intéressante. »

imagesEt si vous voulez en savoir plus sur l’auteur Vidéos de K. MAZETTI

 

 

 

 

 

Dans le genre 51enPmHrCBL__SL160_« Famille loufoque » : La vie prodigieuse de Garnet Ferrari par Marie MANILLA, traduit par Sabine PORTE se pose là. Garnet est une jeune fille dotée de pouvoirs surnaturels détectés depuis son plus jeune âge. Le Vatican voulant s’en assurer, il dépêche un émissaire qui sera chargé d’interroger ce mystère. Le roman est constitué de ces entretiens qui nous font voyager dans l’histoire familiale d’une famille peu banale.Il se joue de notre attirance pour le surnaturel et de la volonté de récupération des croyances qu’animent les communautés religieuses.

 

Autre voyage : pour ceux qui aiment les livres qui se passent dans une librairie, comme « La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina BIVALD  » voici  » Le coeur entre les pages » de Shelly KING, trad. par Pascale HAAS.coeur pages

Une trentenaire en reconversion professionnelles forcée, va s’investir dans une librairie en perte de vitesse et victime de la concurrence. Le point de départ de cette aventure sera une correspondance amoureuse trouvée dans un exemplaire de « L’amant de Lady Chatterley » et qui va piquer sa curiosité. Au fil du livre, elle apprendra à (re)découvrir des personnes qu’elle croyait connaître et mettra ses anciennes compétences à profit.

Un livre optimiste avec des livres dedans, de l’amour, de l’humour, et un chat furtif.

A propos de ce livre, si vous voulez des avis complémentaires sur Babélio, en voici quelques uns.

 

Avec « Le paradis des animaux » par David James POISSANT et  Michel LADERER  pour la traduction,51tpIIwIKtL__SL160_ vous ferez le plein d’amour sous toutes ses formes, celui qui nous fait faire des folies (ou pas) mais nous font avancer, avancer toujours. Les personnages attachants de ces nouvelles nous réservent à chaque fois des surprises, comme dans la vie ? et avec un style percutant.

 

 

Avec « Nous » de David NICHOLLS, trad. par Valérie BOURGEOIS, partez en voyage à travers l’Europe du Sud avec un couple en pleine crise et leur fils, adolescent dans toute sa splendeur. Connie (fibre artistique revendiquée) vient d’annoncer sa décision de quitter son scientifique de mari, Douglas. Pourtant, même désespéré, Douglas décide d’essayer de sauver son couple et sa relation avec son fils. Les thèmes : difficultés d’entretenir la flamme, méconnaissance de l’autre due à la paresse et l’usure.Tout ça ne vous rappelle personne ? Si oui, plongez voluptueusement dans leur contradictions,  leurs maladresses que  l’humour « so british » de Douglas et l’écriture de l’auteur rendront émouvants.

Voir aussi : d’autres avis

 

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