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« La parole du désert » de Göran TUNSTROM ; traduit par Pascale BALCON

Cette rentrée littéraire a remis le personnage de Jésus au premier plan avec « Soif » le roman d’Amélie Nothomb. Le voilà déjà merveilleusement humain dans le roman édité  en 1991 où on suit son parcours parallèle à celui de Saint Jean Baptiste puis le rejoignant. Deux approches différentes pour deux  prophètes  : un Jésus plus doux essayant de trouver un chemin entre violence et soumission aux romains et un Jean plus sombre et rebelle.

Je voyais déjà ce qu’il y avait de commun entre nous : nos naissances avaient suscité un même émoi. Mais celle de Jean était le don de grâce accordé à deux vieillards…

Entre nous se dressait le Temps.Grand, sombre et froid, il nous séparait. Il brisait les branches des cerisiers, piétinait les coquelicots et les renoncules, il écrasait de ses souliers  les vers de terre qu’il coupait en deux.

Göran TUNSTROM, la semaine dernière, je ne le connaissais pas encore et je l’ai découvert à l’occasion d’une opération de désherbage. Plusieurs titres chez Actes Sud présagent en général d’une qualité littéraire remarquable !

Je n’ai pas choisi « l’Oratorio de Noël » qui a fait connaître à un plus grand public  cet auteur suédois de poésie, romans, pièces radiophoniques, mais celui-ci.

Göran T est comparé à Gabriel Garcia Marquez à cause de son usage de la réalité fantastique qui fait mouche avec ce mélange de dialogues très humains qui sortent de la bouche de Jésus, incarnation mystérieuse et parfaite de cette ambiguïté : personne réelle ou personnage imaginaire ? C’est cet aspect qui m’a plu ici souvenirs  de lointains récits bibliques avec ce style grave des évangiles qui se concluent par des sentences qui vous mettent le cerveau à l’envers.   Mais les lecteurs allergiques à la Bible risquent de fuir, dommage pour eux car seront passés à côté d’un roman profond et nous sensibilisant à la beauté concrète de la nature et des liens ente les humains.

Le mot de la fin du roman « Je vous le dis, il n’y a pas assez d’amour »

Dans cette  thématique « Jésus » , vous trouverez (entre autres) :

  • Le trône maudit : roman de José-Luis Coral LAFUENTE  : en 4 avant J.-C. après la mort du tyran Hérode  ses fils se disputent le pouvoir, mais une troisième personne aux mystérieux projets intervient. L’arrivée de Jésus de Nazareth remet en cause le pouvoir de l’empereur Caligula. Les Romains et les prêtres juifs veulent se débarrasser de ce rebelle.
  • Jésus dit Barabbas de Gérald MESSADIE
  • Au chapitre Humour, Evangelia » de David TOSCANA où il est question d’erreur sur la personne. L’ange Gabriel s’est trompé et Emmanuelle doit se battre pour trouver sa place de messie dans une société misogyne, contre un père  énervé et un frère qui veut lui piquer sa place.(eh oui, Jésus et surtout les pratiques religieuses, prétextes à l’humour, les Monty Python se posaient déjà là pour en témoigner dans « La vie de Brian » ) ;
  • Sous Tibère de Nick TOSCHES  Une arnaque au Messie sous le règne de Tibère. Un architecte fait passer un vagabond juif pour le messie.

 

  • Mais aussi  : L’affaire Jésus de Andréas ESCHBACH (science fiction)
  • Marie  est une mère révoltée contre ceux qui ont menés son fils à la croix dans « Le testament de Marie » le roman de Colm TOIBIN


Par ici Les titres disponibles
 de Göran Tunström dans les bibliothèques du Haut-Rhin

Des compagnons de route pour l’été

51et5WE8jRL__SL160_Pour les vacances à l’étranger, voici quelques petites idées qui pourraient vous accompagner tout l’été.

« L’Amérique des écrivains » : road trip par Pauline GUENA et Guillaume BINET, 2014

Voilà un livre complet qui donne envie de lire tous les écrivains rencontrés. Le principe adopté par les deux auteurs : Pauline GUENA,  auteur elle même, est partie avec Guillaume BINET (photographe)  et leurs quatre enfants pendant un an à la rencontre de 26 grands auteurs américains et des lieux qui les inspirent – soit un périple de 15 000 km environ, avec comme point de départ et d’arrivée, l’amour des livres.

Les questions posées aux écrivains par P. G. portent aussi bien sur leur cheminement dans le métier que sur leurs méthodes de travail et permettent de se rendre compte de la diversité des parcours et de les rendre tous intéressants. Même si l’organisation du métier est différente aux Etats Unis et que la tradition des ateliers d’écriture est au centre de beaucoup de « démarrages », l’envie de raconter par le livre est commune à tous. Le fait que l’auteur soit un écrivain rend très pertinentes ses interrogations et  provoque en retour les questions de certains de ses collègues américains.

G. Binet photographie les auteurs chez eux, mais aussi ses enfants (toujours de façon très naturelle). Il prend aussi des clichés des habitants et des paysages urbains et de pleine nature. De quoi partager une part de l’inspiration qui alimente l’écriture et d’en donner une interprétation visuelle, très belle.

Donc, un livre multiple, de voyage, de photos, de littérature, de témoignages… pour partir loin.

Et en complément, un voyage  (en anglais) sur les traces d’autres personnages de la littérature américaine offert par Télérama

« L’année des volcans » de François Guillaume LORRAIN, spécialiste du cinéma, est certes un auteur français,  mais les destinations où il nous emmène sont exotiques ! Direction les Îles Eoliennes, mais aussi Hollywood.

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Le livre nous dévoile comment une promesse d’un rôle non tenue par Rosselini à son impétueuse maîtresse Anna Magnani a débouché sur le tournage de Vulcano de William Dieterle, film jumeau  de Stromboli avec la rivale du nord, Ingrid Bergman.

Les deux tournages, explosifs déboucheront sur des films peut être pas indispensables. Ce qui est intéressant, c’est le trio Rosselini et ses deux amours, la façon dont les sentiments prennent part aux projets les plus fous et souvent pour de mauvaises raisons.Toutes ces passions et ces faiblesses font un mélange explosif qui donne vie à des situations et des dialogues souvent drôles et réalistes.

 

Et si vo51y0mlUA7NL._SL160_us aimez les acteurs, l’Italie et Hollywood , De si jolies ruines de Jess WALTER , trad. par Jean HESCH, roman choral, réunit aussi ces trois ingrédients avec également de l’humour : (les scènes de navigation avec Richard BURTON aviné par exemple). Les ruines désignent  les acteurs vieillissants, l’Italie d’après guerre mais aussi les bâtisses qui bordent l’Adriatique dans le petit port déserté de Porto Vergogna.

Une jeune actrice s’y réfugie en 1962, fuyant la maladie alors qu’elle devait débuter le tournage de Cléopâtre, à Rome. Aussitôt, le tenancier de l’unique hôtel du village en tombe amoureux. Elle est rejointe par Richard Burton et le producteur intéressé. S’en suivront des péripéties sur différentes époques, des retrouvailles entre des personnages liés par le cinéma et les sentiments. Avec un style à la fois drôle et poignant.

Pour faire la transition avec le cinéma, voici un recueil de nouvelles rééditées :  « La colline des potences » par Dorothy Marie JOHNSON trad. par Liliane Stzain dont un premier volume « Contrée indienne » avait servi de base à plusieurs westerns.

Pour ceux qui apprécient les voyages sous des températures plus fraîches, Katarina MAZETTI nous emmène avec « Ma vie de pingouin » pour une croisière naturaliste du côté de l’Antarctique . Une nouvelles occasion pour l’auteur de nous faire partager les états d’âme de trois personnages hauts en couleur et à priori incompatibles qui vont apprendre à s’apprécier, coincés qu’ils sont sur ce bateau.

Car,  comme dit l’auteur : « Tous les humains sont des icebergs. Il faut se souvenir que neuf dixièmes de nous sont invisibles sous la surface. C’est ce qui rend l’existence si intéressante. »

imagesEt si vous voulez en savoir plus sur l’auteur Vidéos de K. MAZETTI

 

 

 

 

 

Dans le genre 51enPmHrCBL__SL160_« Famille loufoque » : La vie prodigieuse de Garnet Ferrari par Marie MANILLA, traduit par Sabine PORTE se pose là. Garnet est une jeune fille dotée de pouvoirs surnaturels détectés depuis son plus jeune âge. Le Vatican voulant s’en assurer, il dépêche un émissaire qui sera chargé d’interroger ce mystère. Le roman est constitué de ces entretiens qui nous font voyager dans l’histoire familiale d’une famille peu banale.Il se joue de notre attirance pour le surnaturel et de la volonté de récupération des croyances qu’animent les communautés religieuses.

 

Autre voyage : pour ceux qui aiment les livres qui se passent dans une librairie, comme « La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina BIVALD  » voici  » Le coeur entre les pages » de Shelly KING, trad. par Pascale HAAS.coeur pages

Une trentenaire en reconversion professionnelles forcée, va s’investir dans une librairie en perte de vitesse et victime de la concurrence. Le point de départ de cette aventure sera une correspondance amoureuse trouvée dans un exemplaire de « L’amant de Lady Chatterley » et qui va piquer sa curiosité. Au fil du livre, elle apprendra à (re)découvrir des personnes qu’elle croyait connaître et mettra ses anciennes compétences à profit.

Un livre optimiste avec des livres dedans, de l’amour, de l’humour, et un chat furtif.

A propos de ce livre, si vous voulez des avis complémentaires sur Babélio, en voici quelques uns.

 

Avec « Le paradis des animaux » par David James POISSANT et  Michel LADERER  pour la traduction,51tpIIwIKtL__SL160_ vous ferez le plein d’amour sous toutes ses formes, celui qui nous fait faire des folies (ou pas) mais nous font avancer, avancer toujours. Les personnages attachants de ces nouvelles nous réservent à chaque fois des surprises, comme dans la vie ? et avec un style percutant.

 

 

Avec « Nous » de David NICHOLLS, trad. par Valérie BOURGEOIS, partez en voyage à travers l’Europe du Sud avec un couple en pleine crise et leur fils, adolescent dans toute sa splendeur. Connie (fibre artistique revendiquée) vient d’annoncer sa décision de quitter son scientifique de mari, Douglas. Pourtant, même désespéré, Douglas décide d’essayer de sauver son couple et sa relation avec son fils. Les thèmes : difficultés d’entretenir la flamme, méconnaissance de l’autre due à la paresse et l’usure.Tout ça ne vous rappelle personne ? Si oui, plongez voluptueusement dans leur contradictions,  leurs maladresses que  l’humour « so british » de Douglas et l’écriture de l’auteur rendront émouvants.

Voir aussi : d’autres avis

 

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