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Sur les Chemins noirs de Sylvain Tesson Gallimard

Je ne connaissais Sylvain Tesson que de nom, je n’avais jamais lu aucun de ses livres. Une lectrice passionnée m’a encouragée à entreprendre la lecture. J’ai donc commencé avec ce titre parmi les derniers parus. Sylvain Tesson l’a écrit après avoir passé une année « rude », comme il le dit lui-même. Il lui faut affronter le deuil de sa mère et c’est couché dans un lit d’hôpital, après une chute d’un toit, qu’il commence à espérer repartir. Pas totalement guéri, il entreprend, pour sa convalescence, de parcourir « les chemins noirs », ces passages secrets et routes buissonnières qui  permettent l’esquive du monde contemporain. Il choisit l’axe Provence-Bretagne, celui du rapport sur l’hyper-ruralité en France.  » Ce que nous autres, pauvres cloches romantiques, tenions pour une clef du paradis sur Terre – l’ensauvagement, la préservation, l’isolement – était considéré dans ces pages comme des catégories du sous-développement. » Ce récit de voyage est l’objet de réflexions sur l’environnement et  l’histoire de la ruralité. Du retour du loup dans le Mercantour aux champs de lavande, avec leurs « rangs alignés » à Valensole, le promeneur a de quoi nourrir ses pensées. Sylvain traverse ensuite des villages « destinés à perpétuer le souvenir muséal de la campagne », faisant partie de circuits touristiques où l’ennui est banni . Son quotidien alterne la marche avec les siestes près de lavoirs ou sous des tonnelles, les rencontres avec l’autochtone et les nuits à la belle étoile. Après avoir traversé le Rhône et pénétré en Auvergne, les villages se font moins peuplés, les magasins plus rares. L’hyper-ruralité a de multiples visages. Elle recule tandis que les nouvelles technologies progressent. Sylvain Tesson se rassure, oui, il y a encore des chemins noirs en France mais pour combien de temps ?

Un texte court, dans un style agréable malgré  un côté parfois emphatique.