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Mon Traître d’après le roman de Sorj Chalandon Pierre Allary Rue de Sèvres

Mon traître_Sorj ChalandoIl y a des livres qui vous tentent et qui vous intimident à la fois. J’avais commencé Le Quatrième mur pour lequel Sorj Chalandon a reçu le Prix Goncourt des lycéens. Il m’était tombé des mains. J’aurais dû persister, persuadée que je me serais laissée happer par l’histoire. Mais il n’en a pas été ainsi. J’appréhendais donc cette lecture dont le sujet, le conflit en Irlande du nord, me semblait un peu difficile. Quand j’ai vu l’adaptation en bande-dessinée, j’ai compris qu’une occasion s’offrait à moi. Le rendu artistique de Pierre Allary attire l’œil. Les traits sombres et le monochromatisme, tantôt vert, jaune ou bleu, collent à l’histoire.  A quelques milliers de kilomètres de Paris, c’est la guerre. Les Irlandais du nord se déchirent et l’armée britannique, censée apaisée le conflit, y prend part. C’est dans ce contexte qu’Antoine, un luthier français, se lie d’amitié avec un couple d’Irlandais. Par leur intermédiaire, il fait la connaissance d’une figure emblématique de l’IRA, Tyrone Meehan. Le récit décrit cette amitié profonde qui donnera envie à Antoine de s’engager pour la cause. Mais au fil de la bande-dessinée, apparaissent les interrogatoires de Tyrone par l’Ira.

Au final, l’histoire d’amitié trahie, sur fonds de guerre civile, est bien retranscrite. On ne peut rester insensible. Pierre Allary a pris des libertés dans le dessin (notamment pour les personnages) mais reste fidèle au roman.Je me suis aussi replongée dans le conflit, avec l’envie d’en savoir plus. J’attends l’adaptation de la suite Retour à Killybegs qui est annoncée. Je crois que je vais m’en tenir, pour cette fois encore, à la bande-dessinée. Elle a le mérite de permettre un accès facile et rapide à l’histoire et de proposer un visuel de qualité !

 

Mes lectures de la rentrée littéraire

J’ai commencé par les livres francophones, comme il s’agit de mon domaine professionnel.

En le feuilletant, j’ai décidé d’oublier la lecture de « La Chambre des époux » d’Eric Reinhardt. J’avais déjà été déçue par certains de ses précédents romans. L’auteur y met souvent des scènes de sexe assez crues dont je ne vois pas l’intérêt dans l’histoire. Alors que je m’attendais à un roman autobiographique sur la maladie dans le couple, la place de l’art et de la création, il est beaucoup question de l’auteur et de son rapport aux femmes.

J’ai continué par le roman de Philippe Jaenada « La Serpe« , plus de 600 pages. Dans la veine actuelle des romans biographiques, il revient sur la personnalité d’Henri Girard. Ce dernier fut accusé d’avoir tué sauvagement son père, sa tante et leur bonne. Acquitté, il partit en Amérique du Sud. Lorsqu’il revint, il se lança dans l’écriture sous le nom de Georges Arnaud. Il est l’auteur du Salaire de la peur. L’histoire et la personnalité plutôt complexes du personnage ont attiré ma curiosité. Mais autant vous le dire, il faut s’armer de patience… En effet, Philippe Jaenada digresse beaucoup  et revient fréquemment sur l’affaire Pauline Dubuisson. Il y a effectivement des parallèles, puisque l’avocat Maurice Garçon joue un rôle dans les deux affaires. Si le sujet est intéressant, la lecture est restée trop fastidieuse pour moi.

J’ai beaucoup apprécié, par contre, le court texte « Femme à la mobylette » de Jean-Luc Seigle. Dès le départ, on perçoit cependant la fin dramatique. Dans cette fable malheureuse, Reine est mère de 3 enfants. Son mari l’a quittée pour refaire sa vie. Alors, il lui faut retrouver l’énergie pour se battre. Une mobylette bleue oubliée dans le garage pourrait bien être le déclencheur… Un texte court, sensible et touchant sur des situations précaires qui peuvent basculer facilement.

Sorj Chalandon a été injustement, il me semble, oublié des sélections littéraires. Il connaît néanmoins le succès auprès des lecteurs avec son roman « Le Jour d’avant« . Celui-ci se déroule à Liévin, près de Lens, dans le monde des mineurs. Après 40 ans, un homme revient réclamer justice pour son frère, mort après un coup de grisou.jour d'avant_ Chalandon

Bakhita_Véronique OlmiAutre livre qui m’a plu : « Bakhita » de Véronique Olmi. Il retrace l’histoire vraie d’une enfant, née au Soudan et enlevée par des négriers. Elle sera vendue comme esclave à plusieurs maîtres avant d’être rachetée par le consul d’Italie. Elle retrouve sa liberté et devient sœur. Malgré des passages difficiles sur les mauvais traitements subis, ce livre est un hommage au courage de Bakhita. Il est servi par la belle plume de l’auteur.

 

A suivre, des avis sur « Summer » de Monica Sabolo, » La Disparition de Joseph Mengele » d’Olivier Guez et d’autres encore…