Une sélection sportive au pas de course : l’occasion de se débarrasser de certains a priori ?

Comme une envie de se (re)mettre au sport avec la belle saison ? Allez -y, courez ! sautez ! mais si cette idée a encore du mal à prendre corps et préfère attendre une meilleure conjoncture, vous pouvez déjà pratiquer la lecture sportive !  Seul équipement nécessaire : un bon fauteuil, ou tout autre support moelleux, une boisson plus ou moins infusée, et un livre !

 

Le sport a été choisi en 2018 comme thème de la manifestation organisée par la Médiathèque départementale du Haut-Rhin, »Bibliothèques à la une » (en ce moment dans plusieurs bibliothèques du 68) Une première sélection puis une deuxième vous avait été proposée par Aurélie. Je poursuis avec mes lectures étrangères que j’ai orientées vers la course à pied.

Marathon man de William GOLDMANN « Babe », étudiant juif et de nature assez lâche, veut devenir « Le Marathonien » et pas seulement un marathonien quelconque. Il veut ajouter à ce titre l’excellence d’un diplôme universitaire. D’où les entraînements intensifs, la vie préréglée qui va voler en éclats après qu’il a été pris en chasse par un ancien nazi qui n’a pas perdu la main (la fameuse scène de torture chez le dentiste dans le film de John Schlesinger vient de là). Son objectif sportif va lui être utile dans la lutte pour sa survie et pour comprendre la machination ubuesque dont il est la victime avec sa famille.

Le zoulou de l’ouest de Elmore LEONARD

Imaginez un western, mais sans les grands espaces. Dans ce livre, la vue est en général limitée par des barreaux. Ici, on est dans un western carcéral. Sauf pour deux pensionnaires particuliers, un noir et un indien, qui bénéficient de l’esprit bienveillant du nouveau Directeur–pasteur de la prison, destinée à fermer. Il a décidé de ramener ces brebis égarées dans le troupeau de Dieu et de leur redonner leur fierté à travers un entraînement quotidien à la course à l’extérieur de la prison. Pour réussir votre évasion, ajoutez un chef de bande tordu, une prisonnière et un sens aigu du dialogue.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Haruki MURAKAMI

A travers son journal de bord sans concession, décrivant sa mue en coureur de fond, Murakami se dévoile entièrement. Au départ, il y avait sa volonté de devenir écrivain et la nécessité à ses yeux de trouver une discipline pour se maintenir en forme. Il va s’apercevoir que la course à pied et la rigueur qu’elle demande lui procurent des bienfaits qui s’appliquent parfaitement à l’exercice de l’écriture : ténacité, dépassement de soi, concentration. A la clé également, une meilleure connaissance de soi qui servira ses deux activités.

La solitude du coureur de fond de Alan SILLITOE

Smith, un jeune homme, est repéré pour ses qualités d’athlète par le directeur de la maison de redressement où il est censé se réinsérer. Mais il n’est pas dupe de la liberté qu’on lui accorde pendant ses séances d’entraînement à l’extérieur. Va-t-il rester fidèle à ses valeurs en refusant d’être instrumentalisé par le directeur qui ne rêve que d’une victoire à la course pour son établissement ? Une nouvelle qui ne va pas dans le sens du poil moral, toute empreinte de noirceur.

Invisible sous la lumière de Carrie SNYDER (coup de cœur)

Etats-Unis, années 20, autant dire une période rude. C’est pour survivre et non pour la gloire qu’Agatha va déployer son talent pour la course et sera sélectionnée dans la première équipe féminine d’athlétisme aux JO de 1928.

C’est ce qui poussera deux documentaristes à lui faire raconter sa vie. Personnage fort, mais pas insensible aux drames frappant son entourage, elle avance, rencontre l’amour et l’amitié, confrontée à la rivalité. Sa vie est aussi une lutte pour le respect des femmes. Un style juste et bouleversant surtout dans la description de l’enfance, des liens au sein d’une fratrie.

Et un français

Courir de Jean ECHENOZ (lu par Marie-Hélène, celui-là !)

Tu cours bizarrement mais tu cours pas mal » lui dit un entraîneur. Pendant la seconde guerre mondiale, un ouvrier tchécoslovaque se met à courir et va marquer l’histoire des compétitions de fond et demi-fond des années 50. Jean Echenoz nous offre ici un vrai plaisir de lecture par son évocation du coureur Emil Zapotek qui collectionna les records et les titres olympiques, tout en s’accomodant des pesanteurs du régime communiste de l’époque. Emboitez sans hésiter la foulée de Zapotek, coureur au style atypique, inventeur du sprint final et de nouveaux modes d’entraînement.

 

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