Archive mensuelles: mai 2015

Lu, vu, écouté dans le Finistère

KYbiSjIWOGQf8e95SkpNUzOrb-0-DHNRO-lSHKMqR1o=Sous titré :  Retrouvez les conseils, coups de coeur, listes de nouveautés publiés par les bibliothèques du Finistère sur leurs blogs. Donc, sur le contenu de ce site, tout est annoncé . A savoir : les volets musique et Vidéo des bibliotèques sont aussi abordés, évidemment.

C’est un Scoop It, (une publication en ligne) publiée par les bibliothèques du Finistère. La formule choisie permet d’être tenu au courant des nouvelles publications, soit en se rendant régulièrement sur le site de Lu, vu, écouté, ou, automatiquement, après ouverture d’un compte Scoop It.

Plonger de Christophe ONO-DIT-BIO, Gallimard

 

plongerokUn homme enquête sur la disparition brutale de sa femme aimée, une artiste partie à l’étranger. Il décide de la faire connaître à son fils, sans fard. C’est ce qui a plu au lecteur (la découverte du monde de l’art, si particulier et l’énergie qu’il demande en plus de celle nécessaire à faire vivre l’amour de nos jours.)

Et en plus, il est au catalogue de la MD68 ! (Phrase qui risque de revenir assez souvent dans cette rubrique) : Plonger

 

En prime : quelques critiques

Les livres présentés au comité ado du 20 mars 2015

Une à deux fois par an, à l’initiative de Joëlle Poulet, un comité adolescent composé de bibliothécaires et de documentalistes alsaciens se réunit à la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin. Voici les livres qui ont été proposés au débat :

Trois femmes et un fantôme de Roddy Doyle, coll. Tribal, Flammarion

Mary, une jeune fille, rencontre une dame qui est en fait le fantôme de son arrière-grand-mère. Celle-ci revient pour aider sa fille, Emer, à mourir.

Le sujet du lien intergénérationnel est assez peu traité dans les livres pour adolescents.

Roddy

Le style est fluide hormis la répétition agaçante du mot « genre ». Dommage qu’il y ait des maladresses. L’abondance de dialogues peut dérouter le lecteur.

Le thème de l’accompagnement dans la mort est très actuel. Il s’agit de l’euthanasie mais aussi de la présence physique auprès des malades. Le personnage de la grand-mère a beaucoup d’humour. De même, le fantôme adoucit l’histoire.

Le roman est ciblé « filles ». Il peut intéresser également les mères et grand-mères.

Après la vague d’Orianne Charpentier, coll. Scripto, Gallimard

La famille de Maxime et de sa sœur jumelle Jade est en vacances en Thaïlande. Maxime choisit d’aller à la plage plutôt que de visiter un temple. Jade décide de lui tenir compagnie. Une fois sur la plage, la mer se retire soudainement. C’est un tsunami. Maxime et Jade doivent s’enfuir rapidement. Mais Jade lâche la main de son frère pour aider un bébé. Quand Maxime se réveille, sa sœur est portée disparue. Déscolarisé, ce dernier vit une descente aux enfers.

A noter le très beau prologue.

Il s’agit d’un roman initiatique dont le sujet est, là aussi, la mort.Charpentier

C’est une réflexion sur la souffrance indicible. On ne peut guérir quelqu’un. C’est à celui qui souffre de trouver son chemin. Maxime le fait sans l’aide de ses parents.

La couverture est belle.

Orianne Charpentier a écrit également « Mauvaise Graine », l’histoire d’un adolescent mal dans sa peau, en conflit avec ses parents, qui apprend le cancer de son père.

Elle posait pour Picasso de Béatrice Egemar, coll. Courant noir, Gulf Stream

Dans le Montmartre du début du siècle, Emile, poète et écrivain côtoie les artistes de la butte : Max Jacob, Pablo Picasso, Henri de la Puisaye. Il est marqué par le suicide de la bouquetière Linda. Lors d’une séance de divination avec son ami Max, la jeune fille lui demande de l’aide. Emile se lance alors dans une enquête auprès de l’entourage de Linda. Il fait la connaissance de Virginie qui habite le même immeuble.

Ce roman combine le genre policier et historique ainsi que le thème artistique.picasso

L’enquête classique est presque reléguée au second plan. On entre dans l’univers du Bateau-Lavoir et du Lapin Agile, toujours en activité aujourd’hui. La vie de bohême avec sa rudesse, le village de « Montmartre » et les petits métiers sont restitués avec bonheur et fidélité. Il faut néanmoins une sensibilité à l’art. Le livre donne d’ailleurs envie de connaître le tableau de Picasso dont il est question. Sur la forme, il rappelle les romans-feuilletons de l’époque.

Les romans policiers, plus rares, sont aussi moins demandés que la fantasy et la science-fiction. Pour les plus jeunes, on peut recommander « L’Enigme Vermeer » de Blue Balliett.

Bleue de Florence Hinckel, coll. Soon, Syros

Astrid et Silas sont deux jeunes gens amoureux. Mais Astrid décède des suites d’un accident. Silas, désespéré, est oblitéré par la cellule d’éradication de la douleur (CEDE). On lui « enlève » les émotions ressenties. Mais celles-ci lui reviennent progressivement en mémoire d’autant plus qu’il croit voir Astrid. hinckel

Florence Hinckel dépeint un monde où l’on a mis fin à la douleur psychique. La première partie décrit une société séduisante. Elle ressemble au livre « Le Passeur » de Loïs Lowry. La deuxième partie questionne autour d’une société hypersurveillée, totalitaire. Le thème des réseaux sociaux et de l’hyperconnexion prédomine. Quelle est la valeur de la vie ? Comment reconnaître les moments de bonheur si on perd les sentiments ?

Le rôle de la grand-mère d’Astrid, résistante à l’oblitération, est important. L’histoire d’amour est magnifique. Les personnages des adolescents et des adultes sont travaillés.Ce roman permet de développer un esprit critique. La fin reste ouverte.

En espérant que ces résumés et critiques vous donneront envie de découvrir ces romans…

Le Météorologue d’Olivier Rolin Seuil 2014

Alexeï Feodossiévitch est un communiste convaincu. La tête dans les étoiles, à sonder le ciel, il rêve du meilleur pour son pays. Il  redescend soudainement sur terre lors de son arrestation pour sabotage. Est-ce une méprise, de la jalousie ? Il ne saura jamais. imagesCA0P4JBIPendant ses 3 ans d’emprisonnement au goulag des Solovki, Alexeï va écrire des lettres à sa femme et à sa fille, qu’il ne verra jamais.  Ce roman, proche du documentaire, à la fois dans la forme et le fonds, dénonce l’absurdité et la cruauté du système communiste soviétique. Il rappelle les vies oubliées, derrière les noms des victimes.

Avec maman d’Alban Orsini Chiflet&Cie 2014

OrsiniCe livre est un bel exemple du passage de la version numérique au papier. En une série de SMS à l’humour ravageur, nous apprenons à connaître les rapports, via smartphone, entre un fils et sa mère. Lui est célibataire, toujours à cours d’argent et elle, une mère (sur)protectrice trouvant tous les défauts à sa belle-fille potentielle. Eloignés l’un de l’autre, ils communiquent par SMS. Mais cela ne va pas sans mal pour la plus âgée des deux… Laissez traîner ce livre, vous verrez : il attire indéniablement les lecteurs, jeunes ou seniors ! Comme le miel et les abeilles, on vous dit !

Cartographies littéraires

Deux sites intéressants se basent sur la géographie pour nous guider dans nos choix de lecture.

Le premier Cartographie littéraire de la France est un site participatif conçu par un libraire strasbourgeois. Il propose près d’un millier d’extraits de plus de 300 auteurs concernant des lieux en France. On peut y lire, par exemple, la description des villages alsaciens par Alphonse Daudet. Il suffit de cliquer sur le lieu qui nous intéresse.

Le second est un blog du libraire numérique Feedbooks Romans régionaux et du terroir de Véronica Fantini. Il recense des livres de terroir par lieu, sur le même principe de carte interactive.

La promesse par Jean-Guy Soumy R. Laffont 2015

Camille apprend le suicide de Jeanne, son premier amour. Au XVIIe siècle, le suicide est un crime contre le roi. Pour éviter à la mémoire de Jeanne d’être condamnée à l’oubli et à son corps d’être jeté à la voirie, Camille va devoir incarner Jeanne et la défendre lors de son procès. Celle qu’il croyait avoir oublié, va alors venir le hanter. Le roman, découpé en court chapitre, se lit d’une traite grâce à une écriture fluide.D15_ La promesse

Le sujet, original, restitue les mœurs et coutumes de l’époque. C’est aussi une interrogation sur la négation des sentiments. Peut-on vraiment faire table rase du passé ?

Littérature francophone : retour sur ce qu’il ne fallait pas rater en 2014

A commencer par les commémorations, nombreuses :

Celle du début de la guerre 1914/1918 avec la parution de romans sur le sujet (à noter l’écrasante domination de « Collier rouge » de Rufin chez Gallimard et d’ « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître chez Albin Michel). Les rééditions des œuvres d’écrivains-soldats ont également foisonné. Un hommage particulier a été rendu à Charles Péguy, mort au début de la guerre.

Concernant la guerre 1939/1945, on a pu lire le remarquable « Charlotte » de Foenkinos, roman sur la vie et la déportation du peintre Charlotte Salomon.

Le centenaire de la naissance des écrivains Marguerite Duras et  Romain Gary (nés en 1914) a fait l’objet également de publications et rééditions.

A noter les parutions des auteurs prolixes : Marc Lévy, Guillaume Musso, Amélie Nothomb, Catherine Pancol, Eric-Emmanuel Schmitt… Pour les amateurs de romans optimistes, relevons également les nouveaux titres de  Gilles Legardinier, Agnès Ledig et Frédéric Lenoir…Le centenaire de la naissance des écrivains Marguerite Duras et  Romain Gary Gary(nés en 1914) a fait l’objet également de publications et rééditions.

Côté thématique, ont été abordés la question de l’homosexualité dans le remarquable premier roman « En finir avec Eddy Bellegueule » d’ Edouard Louis, le don d’organe dans « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal, les emplois précaires et difficiles (tel celui d’ouvrier agricole chez Marie-Hélène Lafon « Joseph », « Debout payé » de Gauz),  la vie de consommation et ses temples « Regarde les lumières, mon amour » d’Annie Ernaux. Le microcosme politique est décrypté dans « L’Emprise » de Marc Dugain.debout payé

Lola Lafon rappelle à notre souvenir la vie de Nadia Comaneci « La petite communiste qui ne souriait jamais ».

La religion intéresse deux auteurs « phare » : Emmanuel Carrère parle des débuts du christianisme et de son expérience personnelle dans « Le Royaume ». Marek Halter commence la biographie romancée des femmes de l’islam avec « Khadidja ». Jean d’Ormesson écrit ses réflexions sur l’homme, Dieu et l’univers.

A signaler le presque régional de l’étape, le vosgien Jean-Paul Didier-Laurent qui signe le très remarqué  premier roman « Le Liseur de 6h27 ».

Enfin, pour finir sur LA bonne nouvelle de l’année littéraire francophone, rappelons encore la récompense de  Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature 2014.

Voici quelques temps forts de l’année littéraire francophone.

Espérons que l’année 2015 soit aussi riche en surprises littéraires…

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