Archive mensuelles: juin 2016

Rencontre avec Bob SHACOCHIS à la Librairie 47° nord

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Conférence avec Bob SHACOCHIS au sujet de  « La femme qui avait perdu son âme » (au catalogue de la MD68.) et publié par Gallmeister.

A l’occasion du déplacement dans le grand Est de l’auteur le 17 mai dernier, nous remercions vivement la Librairie 47°nord à Mulhouse par l’intermédiaire de M. Versolato d’avoir permis le partage de ce moment rare sur la toile.

Vidéo 1 (pas de panique, c’est heureusement traduit  et ça commence sur les chapeaux de roue)

Ici, pour  la Vidéo 2 

Pas de doute, après cette mise en appétit, je sens que je vais passer l’été avec lui (le livre !) .

D’autres vidéos sur la chaîne Youtube de la librairie.

Dans la continuité, les Editions GALLMEISTER à l’occasion de leur 10ème anniversaire, ont été invitées par la Médiathèque de Sélestat le 7 juin par le dynamique service d’animations adultes dans le cadre de l’exposition sur la Route Nationale 66. Marie Moscoso, une des collaboratrices de Oliver Gallmeister nous a présenté son travail et toute la politique éditoriale historique et actuelle de cette maison. Au départ, le but était de partager des auteurs de l’Ouest américain mettant les paysages au coeur de leur oeuvre comme dans seuls sont les indomptés de Edward ABBEY.

L’évolution vers une littérature plus urbaine s’est faite à travers la collection « Americana » développée dès 2009 avec Philippe BEYVIN.

Le troisième volet s’est ouvert en 2015 avec les Polars de la collection Néonoirs.

Les poches ne sont pas oubliés avec la Collection de demi-poche « Totem » permettant de raviver les couleurs d’une partie du catalogue.

La réedition via les nouvelles traductions a aussi été abordée lors de soirée animée par une personne passionnée et exigeante.

 

 

 

Ma réputation Gaël Aymon Actes sud junior 2013

Dans le cadre de la recherche d’auteurs pour un salon du livre, j’ai eu l’occasion de lire ce roman. Il traite d’un sujet dont ontéléchargement parle beaucoup aujourd’hui, le harcèlement scolaire. Laura est lycéenne. Elle préfère la compagnie de sa bande de copains à celle des filles. Mais, un jour, Sofiane essaie de l’embrasser. Puis, ses amis la repoussent. Enfin, il y a une image d’elle qui circule sur les réseaux sociaux. A partir de là, c’est le déchaînement. Laura se retrouve isolée, en proie aux insultes. A l’instar de la jeune fille, on comprend mal comment ce phénomène a pu se déclencher et prendre de telles proportions. C’est un roman qui me semble réaliste. La fin nous permet de découvrir l’enchaînement des circonstances qui ont aboutit au rejet. Il y a aussi le caractère aléatoire : chacun peut être victime. Dans ce roman, les adultes, même s’ils ont parfois des réactions inattendues, représentent un soutien. C’est un livre facile à lire qui peut permettre d’ouvrir le débat sur le sujet.

Mort imminente de Peter JAMES traduit par Isabelle Saint-Martin

Cette fois, c’est une version papier achetée . Il s’agit d’une relecture car il y a un an, cette jeune lectrice de 20 ans avait ADOOORE  ce livre !

Elle aime l’auteur parce qu’en général, il arrive à mêler plusieurs histoires pour faire grimper le suspens.

C’est là pour trouver d’autres titres de cet auteur sur notre catalogue.

 

Peter JAMES

Semaine au rythme de la Beat Generation

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Jack Kerouac by Tom Palumbo circa 1956

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Compagnie des auteurs, sur France Culture, propose une semaine avec les principaux auteurs de la Beat Generation . On part d’abord avec Jack Kerouac, puis William S. Burroughs, Allen Ginsberg et on finit par une exposition sur ce courant littéraire exploratoire qui continue d’influencer la création.

En plus : un quizz spécial Beat Generation sur Actualitté.com

Et les ramifications avec les arts

Vu sur Actualitté, un article sur l’enregistrement du « Festin nu » par William BURROUGHS il y a 20 ans .

 

Ahlam de Marc Trévidic JC Lattès 2016

Paul, peintre de renom, se lie d’amitié avec un pêcheur de l’île de Kerkennah en Tunisie. Il tente de sauver son épouse, Nora, atteinte d’une leucémie et lui promet de s’occuper de ses deux enfants, Ahlam et Issam. Paul leur apprend la musique et la peinture. Il est à la recherche de l’accord parfait entre ces deux arts. Devenu adolescent, Issam se détourne du piano et se laisse influencer par un ami islamiste. téléchargement

Ce roman a reçu le Prix de la Maison de la presse 2016. Après des documentaires, Marc Trévidic se lance dans la littérature. Son métier de juge lui permet de bien connaître le phénomène du terrorisme et de l’embrigadement. Sous ce prisme, le roman est une réussite. Il décrit l’évolution de la société tunisienne cette dernière décennie : le Printemps arabe, le rôle d’en hada et la progression de l’islamisme. Les liens d’amitié et d’amour entre les protagonistes éclairent l’histoire ainsi que la beauté des paysages de l’île, parfaitement restituée. On se laisse facilement emporté par l’histoire, qui a parfois des allures de romance. Les recherches artistiques autour des liens musique/peinture m’ont paru  néanmoins quelque peu extravagantes.

Une lecture intéressante avec quelques bémols…

 

Prix littéraire des lycées et apprentis de la région PACA

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Comme chaque année le Prix littéraire des lycées et apprentis de la région Provence Côte d’Azur a été décerné et récompense cette année pour la catégorie roman « La Ballade d’Ester Day » de Mercédès HELNWEIN édité par « La Belle Colère, petite maison d’édition tournée vers les adolescents et jeunes adultes.

Pour la catégorie BD, c’est « le Tirailleur » de Alain BUJAK et Piero MACOLA chez Futuropolis qui a été récompensé.

Initié par la Région PACA, ce Prix littéraire encourage le développement  de l’éducation culturelle et artistique à travers des conventions conclues entre plusieurs administrations.
Il est organisé par l’Agence régionale du Livre Paca (Aix-en-Provence), avec le concours de la Régie culturelle Régionale.

Chaque année, il implique 1 000 jeunes jurés, 160 professionnels et permet la mise en avant de 12 livres contemporains.

Dans les jardins du Malabar de Anita NAIR, trad. par Dominique Vitalyos

Eternel voyageur qui cherche la mesure de la terre et de l’homme

Voici comment se présente Idris, originaire de Djibouti, voyageur, commerçant, philosophe, interprète, scientifique, et père. C’est le besoin de mouvement et la liberté qui le fait s’embarquer vers Kozhicode, sur la cote du Malabar. Après la rencontre avec son fils, il nous entraîne au gré de ses rencontres dans des voyages portés par des objectifs parfois commerciaux (commerce des pierres précieuses) mais en fait, surtout motivés par la soif de connaissance, y compris celle de son fils.

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A ce titre, sa première quête « officielle » est la découverte de l’endroit -Serendip- où est situé le conte à l’origine du concept de « sérendipité« . Et là, il faut absolument que j’en parle, même si le nom, traduit directement de l’anglais est un peu barbare. Il désigne une expérience quotidienne partagée par tous ! Un exemple : je cherche un livre précis, et, miracle, au cours de cette recherche et de ses dérives, je trouve quelque chose qui me sera encore plus précieux ! C’est un peu l’anti algorithme de recommandation en littérature. Gavarneur en parle aussi dans sa belle critique dans Babelio.

Un jour, j’ai perdu quelque chose dans les environs. Peut être suis-je revenu sur mes pas pour le retrouver

J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale se dégageant de ce livre, proche de celle d’un conte philosophique du côté de Zadig de Voltaire. Idris emporte avec lui un savoir accumulé lors de ses voyages et rencontres, qui alimentent sa tolérance pour les peuples qu’il découvre en les laissant venir à lui. Quand on l’interroge sur le Jihad (il est musulman) et qu’on lui demande en quoi il a foi, il s’aperçoit simplement qu’il ne s’était jamais posé la question. Le livre distille certains points bienvenus sur des aspects du Coran ou des pratiques liées à l’hindouisme.

Mais la paternité va amener des bouleversements dans son fonctionnement.

A quelques croyances que l’on s’attachât, tout changeait dès lors que sa progéniture était en jeu

C’est donc un roman d’apprentissage aussi bien du point de vue de Kandavar (le fils), que de celui d’Idris. Il dit de son fils qu’il est la lumière de son âme et leur belle relation évolue au cours du livre.

La rigueur et la dureté  des coutumes rencontrées en Inde ainsi que l’injustice du système des castes est tout de même soulignée ainsi que le sort peu enviable des femmes, même si certaines arrivent à être libre. D’ailleurs, on voit bien que les principes dictés par la coutume et les textes sont appliqués de façon très variable une fois les portes fermées. Idris, au cours de son existence rencontrera plusieurs femmes qui le marqueront.

Le contexte historique est en arrière plan avec la présence des néerlandais, commerçants implantés  (on est dans les années 1660) . A ce sujet, à la fin du livre, une liste des sites sur l’histoire de cette partie de l’Inde est proposée (en anglais).

Les annotations auraient effectivement été plus pratiques en bas de page, mais peut être est-ce dû à la  » version épreuves non corrigées ».

Je remercie Babelio et Albin Michel pour l’envoi de ce livre dans le cadre de Masse Critique. Cette rencontre m’a permis d’aborder ce genre de littérature vers lequel je ne vais pas spontanément. Encore un bel exemple de sérendipité au quotidien.

En cette période où les pensées peuvent peu à peu se tourner vers le voyage, c’est un très bon livre qui saura vous accompagner, je crois.

Il connaissait la valeur des histoires, il savait qu’elles pouvaient nourrir un affamé et soigner un malade

Comité ado du 18 mars 2016

Le comité ado s’est tenu à la médiathèque départementale du Haut-Rhin, en présence de 13 documentalistes et bibliothécaires.

Livres présentés au comité

Tous les titres ont été choisis dans les collections jeunesse. Le débat a permis aux participants de s’exprimer et d’échanger leurs avis.

 

Au bout du voyage de Meg Rosoff Albin Michel coll. Wizz 2014téléchargement

 

Le père de Mila, Gil, décide de  se rendre chez son ami Matthew aux Etats-Unis. Mais celui-ci a disparu. Un road-movie entraîne Mila et Gil chez la femme de Matthew puis dans une cabane à la frontière canadienne. Grâce à sa sensibilité et sa clairvoyance, la jeune fille parvient à résoudre elle-même le mystère. Elle se rend compte que son père sait où est son ami et découvre la deuxième famille de Matthew.

Roman initiatique. Mila découvre le monde des adultes. Le livre présente des thématiques fortes et singulières. Il n’y a pas de manichéisme. C’est l’un des seuls romans qui aborde la disparition d’un adulte, la complexité du monde des adultes et le sens de leur vie. Le style est un des points forts mais le manque de rebondissements peut laisser un adolescent sur sa faim.

La relation de Mia avec ses parents est conçue sur un autre modèle relationnel qu’habituellement (cf « Nous formons une bonne équipe »).Il y a cependant un décalage entre la maturité du personnage et son âge dans le roman (12 ans).

La couverture « vintage » donne une connotation « rétro ».

A partir de 13 ans au moins.

 

Les Brumes d’Avallach de Marah Woolf M. Lafon 2014téléchargement (1)

 

Premier volume de la trilogie.

Après le décès de sa mère, Emma, 17 ans, va habiter chez son oncle Ethan, sa femme et leurs quatre enfants. Elle quitte les Etats-Unis pour l’île de Skye en Ecosse. Elle y fait la connaissance de Calum, le fils adoptif du docteur Ericksson. Les deux jeune gens tombent amoureux. Mais, une menace pèse sur eux : Calum fait partie du peuple de l’eau, les Shellycoates. Ceux-ci ont interdit toute union avec les humains. Malheureusement leur secret est dévoilé et  les jeunes gens doivent se présenter devant l’assemblée du Grand-conseil des Shellycoates.

La suite n’est pas encore disponible. La couverture est attractive. Le parallèle est rapidement établi avec la série Twillight. Le personnage d’Emma peut paraître un peu stéréotypé. Le rythme, un peu lent au départ, s’accélère rapidement par la suite.

La famille de l’oncle est très accueillante. Une amitié sincère se noue entre Emma et sa cousine. Les émotions amoureuses sont bien décrites. L’écriture dégage aussi une certaine sensualité. Il y a un côté romance qui fait rêver. Il est d’ailleurs rarement question de sensualité dans la littérature fantastique.

Le livre est autoédité. Sur le site de l’auteur, il est possible de dialoguer.

A partir de quel âge le conseiller ? 13/14 ans.

 

La Pyramide des besoins humains de Catherine Solé Ecole des loisirs 2015

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Christopher, un adolescent, vit dans la rue suite à des disputes avec son père.

Il s’inscrit dans un jeu de téléréalité qui utilise la théorie de Maslow sur les besoins humains. Il devient célèbre.

            Il s’agit d’un premier roman. La couverture, choisie par l’Ecole des loisirs, est plus touchante que d’habitude.

C’est un des premiers romans qui a pour personnage principal un adolescent SDF. L’histoire est hyperréaliste. On suit le quotidien de Christopher pour trouver de l’argent, pouvoir se nourrir, s’habiller. C’est une histoire terrible. Elle met en évidence le danger des réseaux sociaux. Ce thème aurait d’ailleurs pu être plus poussé. La fin est  un peu extravagante.

Ce roman a le mérite de poser la question du rôle de la société auprès des jeunes en difficulté. C’est un livre dérangeant. Il ramène à la peur de chacun d’être marginalisé. Christopher ne se plie pas aux règles. Il est question de la liberté et de son prix. Le milieu de la rue est très violent et l’indépendance du jeune homme, chère payée.

A conseiller à partir de la 4ème, 3ème.

Eric Pessan a aussi écrit un lroman d’initiation autour de deux adolescents en fuite (« Aussi loin que possible » Ecole des loisirs, 2015).

 

Vassili Volkovitch Le Serment de Carole Trébor Gulf Stream 2015

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Vassili a été élevé à la cour d’Ivan IV le Terrible. Il souhaite épouser Olia mais doit d’abord combattre les Tatars à Kazan. Lorsque Vassili revient, Olia est portée disparue et déclarée morte. Le jeune homme décide d’enquêter. Il doit aussi retrouver son oncle. C’est lui qui lui a enseigné les pouvoirs des Volkovitch, ceux du Souffleur, capable de faire vivre les esprits de la Communauté des trois.

 

C’est le préquel de la trilogie Nina Volkovitch. Ce roman initiatique est très construit et l’action omniprésente. Il s’agit d’une histoire à la fois fantastique et historique. Le roman est bien écrit. La suite de l’histoire, dans les autres volumes, reprend en 1941 sous Staline, pendant la Guerre Froide.

Le roman permet de découvrir l’âme russe. Il y a beaucoup de personnages. Les descriptions, notamment celles du Kremlin, sont intéressantes et donnent à l’histoire un aspect filmique. Le livre ferait un bon scénario.

L’auteur a vécu en Russie. Elle est historienne et réalisatrice.

Les sujets abordés sont originaux.

Carole Trébor est un des auteurs de la dystopie U4, parue fin 2015.

Olga Lossky a aussi écrit des romans se déroulant en Russie chez Gallimard.