Archive mensuelles: avril 2018

« Inconnu à cette adresse » de Kressmann TAYLOR ; trad.de Michèle LEVY BRAM

A l’origine de cette lecture, un post sur un groupe Face Book à recommander, « La vraie vie, c’est la littérature », où les commentaires sont souvent sources de découvertes, y compris de classiques !  Et c’est le cas pour ce livre cité par  Nathalie, une de mes collègues et revenant souvent dans les références d’autres bibliothécaires plus aguerries que moi, je m’en suis aperçue après ! Un petit format et donc, une lecture pouvant être menée en même temps que d’autres en cours…

 

Au départ,  des lettres ayant véritablement existé entre des allemands retournés au pays et d’autres, partis vivre ailleurs, souvent pour monter une affaire avant les années 30 alors que des vents mauvais commençaient déjà à souffler sur l’Europe. Ici, Max est le juif resté en Californie pour gérer la galerie d’art  montée avec Martin qui, lui, va retourner enrichi en Allemagne et représenter le patriote. La prouesse réalisée ici est de voir la dégradation très rapide des relations, au départ fraternelles, entre les deux associés à travers leur correspondance . Elle traduit très concrètement l’évolution entre 1932 et 1934, du statut des juifs en arrière plan historique. La montée en puissance de l’ idéologie nazie dans les esprits des allemands qui s’y abandonnent et tentent de sauver leur peau en essayant de composer avec les nouvelles règles (parfois ça leur réussit, parfois, c’est un échec).  On voit le retournement de Martin qui, veut préserver l’édifice familial à tout prix, sa compromission volontaire et surtout la perte  de son amitié avec Max.

 

C’est glaçant, on voit arriver les malheurs, mais pas forcément ceux qu’on avaient imaginés.

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Membres de la SA apposant sur la vitrine d’un commerce juif des pancartes proclamant :
« Allemands ! Défendez-vous !
N’achetez pas chez les Juifs ! »Plakate mit der Aufforderung « Deutsche, wehrt euch, kauft nicht bei Juden » angebracht.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être conseillé à des amateurs de documentaires historiques. Si vous voulez en savoir plus ou/et réserver, c’est ici

The Rain de Virginia Bergin Bayard jeunesse 2017

Ce soir-là, l’atmosphère douce avait poussé les gens dehors et voisins et amis s’étaient retrouvés autour de barbecues. Ruby, elle, s’était rendue à une fête chez des amis. C’est là, dans un jacuzzi, qu’elle avait embrassé pour la première fois le beau Caspar. Mais soudain, les parents, revenus plus tôt que prévu, leur avaient intimé l’ordre de rentrer dans la maison. Peu après, une pluie mortelle s’était abattue. Ceux qui se risquaient à sortir mourraient ensanglantés quelques heures après. Ruby réussit à rentrer chez elle. Elle y est consignée dans le bureau. Mais, malgré les précautions, sa mère, son petit frère puis son beau-père meurent aussi. Il ne lui reste que son père qui vit à Londres avec son autre demi-frère. Pour Ruby commence alors un périple pour les rejoindre.The-rain_Virginia Bergin

C’est un roman post-apocalyptique prenant. Le choix d’une bactérie tueuse dans l’eau est judicieux. Il pointe notre dépendance à cette dernière.  Il m’a semblé relever quelques situations incohérentes. Mais rien qui ne puisse ralentir le rythme du récit. Le manque d’eau potable va pousser les rescapés à se battre. Les comportements d’entraide et d’égoïsme se succèdent au fil des situations. Le lecteur est amené à s’interroger sur ses propres réactions. Ici, pas de superhéros. Ruby est un personnage un brin superficiel et agaçant  mais qui possède aussi de l’humour. Les épreuves, comme dans tout bon roman initiatique, l’aide à gagner en maturité. Elle rencontre Darius, un nerd, « roi de Looserville », à qui elle n’aurait même pas adressé la parole en temps normal.

Le roman a déjà une suite et serait en cours d’adaptation cinématographique.

Quand vient la vague… Jean-Christophe Tixier et Manon Fargetton Rageot 2018

A Lacanau, Clément est un adolescent de 15 ans qui se passionne pour le surf. Lorsque sa sœur, Nina, disparaît, il reste d’abord sans réaction. Puis, sur les conseils de son meilleur ami,  décide de prendre l’enquête en main. Une lettre laissée par Nina lui laisse pressentir qu’elle est vivante. Pourquoi est-elle partie ? Clément raconte ses recherches tandis que Nina nous dévoile les raisons de son départ.Quand-vient-la-vague_Manon Fargetton

L’histoire se lit très bien, malgré quelques longueurs. J’ai deviné assez rapidement le cœur de l’intrigue mais j’ai continué ma lecture, intriguée par la manière dont les auteurs allaient traiter le sujet. Difficile d’en dire plus sans dévoiler la suite. Mais il est question d’adultes et de mensonges, de la vague qui les met au jour et modifie complètement votre vie…

 

 

Une sélection sportive au pas de course : l’occasion de se débarrasser de certains a priori ?

Comme une envie de se (re)mettre au sport avec la belle saison ? Allez -y, courez ! sautez ! mais si cette idée a encore du mal à prendre corps et préfère attendre une meilleure conjoncture, vous pouvez déjà pratiquer la lecture sportive !  Seul équipement nécessaire : un bon fauteuil, ou tout autre support moelleux, une boisson plus ou moins infusée, et un livre !

 

Le sport a été choisi en 2018 comme thème de la manifestation organisée par la Médiathèque départementale du Haut-Rhin, »Bibliothèques à la une » (en ce moment dans plusieurs bibliothèques du 68) Une première sélection puis une deuxième vous avait été proposée par Aurélie. Je poursuis avec mes lectures étrangères que j’ai orientées vers la course à pied.

Marathon man de William GOLDMANN « Babe », étudiant juif et de nature assez lâche, veut devenir « Le Marathonien » et pas seulement un marathonien quelconque. Il veut ajouter à ce titre l’excellence d’un diplôme universitaire. D’où les entraînements intensifs, la vie préréglée qui va voler en éclats après qu’il a été pris en chasse par un ancien nazi qui n’a pas perdu la main (la fameuse scène de torture chez le dentiste dans le film de John Schlesinger vient de là). Son objectif sportif va lui être utile dans la lutte pour sa survie et pour comprendre la machination ubuesque dont il est la victime avec sa famille.

Le zoulou de l’ouest de Elmore LEONARD

Imaginez un western, mais sans les grands espaces. Dans ce livre, la vue est en général limitée par des barreaux. Ici, on est dans un western carcéral. Sauf pour deux pensionnaires particuliers, un noir et un indien, qui bénéficient de l’esprit bienveillant du nouveau Directeur–pasteur de la prison, destinée à fermer. Il a décidé de ramener ces brebis égarées dans le troupeau de Dieu et de leur redonner leur fierté à travers un entraînement quotidien à la course à l’extérieur de la prison. Pour réussir votre évasion, ajoutez un chef de bande tordu, une prisonnière et un sens aigu du dialogue.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Haruki MURAKAMI

A travers son journal de bord sans concession, décrivant sa mue en coureur de fond, Murakami se dévoile entièrement. Au départ, il y avait sa volonté de devenir écrivain et la nécessité à ses yeux de trouver une discipline pour se maintenir en forme. Il va s’apercevoir que la course à pied et la rigueur qu’elle demande lui procurent des bienfaits qui s’appliquent parfaitement à l’exercice de l’écriture : ténacité, dépassement de soi, concentration. A la clé également, une meilleure connaissance de soi qui servira ses deux activités.

La solitude du coureur de fond de Alan SILLITOE

Smith, un jeune homme, est repéré pour ses qualités d’athlète par le directeur de la maison de redressement où il est censé se réinsérer. Mais il n’est pas dupe de la liberté qu’on lui accorde pendant ses séances d’entraînement à l’extérieur. Va-t-il rester fidèle à ses valeurs en refusant d’être instrumentalisé par le directeur qui ne rêve que d’une victoire à la course pour son établissement ? Une nouvelle qui ne va pas dans le sens du poil moral, toute empreinte de noirceur.

Invisible sous la lumière de Carrie SNYDER (coup de cœur)

Etats-Unis, années 20, autant dire une période rude. C’est pour survivre et non pour la gloire qu’Agatha va déployer son talent pour la course et sera sélectionnée dans la première équipe féminine d’athlétisme aux JO de 1928.

C’est ce qui poussera deux documentaristes à lui faire raconter sa vie. Personnage fort, mais pas insensible aux drames frappant son entourage, elle avance, rencontre l’amour et l’amitié, confrontée à la rivalité. Sa vie est aussi une lutte pour le respect des femmes. Un style juste et bouleversant surtout dans la description de l’enfance, des liens au sein d’une fratrie.

Et un français

Courir de Jean ECHENOZ (lu par Marie-Hélène, celui-là !)

Tu cours bizarrement mais tu cours pas mal » lui dit un entraîneur. Pendant la seconde guerre mondiale, un ouvrier tchécoslovaque se met à courir et va marquer l’histoire des compétitions de fond et demi-fond des années 50. Jean Echenoz nous offre ici un vrai plaisir de lecture par son évocation du coureur Emil Zapotek qui collectionna les records et les titres olympiques, tout en s’accomodant des pesanteurs du régime communiste de l’époque. Emboitez sans hésiter la foulée de Zapotek, coureur au style atypique, inventeur du sprint final et de nouveaux modes d’entraînement.

 

« La Fille d’avant » de J-P DELANEY ; Trad. de Jean ESCH

Pendant la grève, la balade continue. Au départ du choix de cette jeune lectrice de 24 ans, il y a la mention de la sélection de ce titre d’un auteur qu’elle ne connaissait pas pour le Prix des lecteurs et sa présentation en 4è de couverture. Donc, avec ses informations,  direction la librairie Ruc à Colmar ! Il s’agit d’un thriller, un genre décidément très prisé en ce moment, choisi par cette grande lectrice qui lit toutes sortes de romans.

Selon notre voyageuse, il se lit bien car son style est fluide et le scénario est bien construit .


 

Pour réserver ou et voir le résumé , c’est ici !

 

Les Marvels Brian Selznick Bayard 2017

Quel drôle d’objet ! Ce livre attire d’abord par son aspect : couverture bleue et dorée, parsemée d’étoiles ! Tout inspire au merveilleux et àLes-Marvels_Brian Selznick l’aventure.

Dans la première partie, l’histoire est racontée sous forme de superbes dessins en nuances de gris. Sur un bateau, le Kraken, en 1766, a lieu la représentation d’une pièce de théâtre. Peu après, le navire fait naufrage et le jeune Billy, l’un des acteurs est le seul survivant. Il sera à l’origine de la lignée des Marvels, comédiens célèbres à Londres dont l’histoire s’arrête en 1900.

Les images cèdent alors la place aux mots. En 1990, Joseph s’échappe de son pensionnat pour rejoindre son oncle, Albert Nightingale. Celui-ci vit dans un monde bien étrange où rien ne doit être dérangé. Un mystérieux lien semble l’unir aux Marvels. Joseph et sa voisine Frankie sont bien décidés à en savoir plus.

La fin du roman se clôture en images. Il n’y a pas de mots, que des émotions.

Un livre sous forme de conte, dans la lignée de L’invention d’Hugo Cabret. L’imaginaire et le réel se mélangent. Les thèmes de la place dans la famille, de la vocation, de la maladie et du deuil sont présents. Mais ils sont transcendés par l’univers artistique, présent à travers le théâtre et le dessin.  A ne pas manquer !