Archive journalières: 31 mai 2019

Sur les Chemins noirs de Sylvain Tesson Gallimard

Je ne connaissais Sylvain Tesson que de nom, je n’avais jamais lu aucun de ses livres. Une lectrice passionnée m’a encouragée à entreprendre la lecture. J’ai donc commencé avec ce titre parmi les derniers parus. Sylvain Tesson l’a écrit après avoir passé une année « rude », comme il le dit lui-même. Il lui faut affronter le deuil de sa mère et c’est couché dans un lit d’hôpital, après une chute d’un toit, qu’il commence à espérer repartir. Pas totalement guéri, il entreprend, pour sa convalescence, de parcourir « les chemins noirs », ces passages secrets et routes buissonnières qui  permettent l’esquive du monde contemporain. Il choisit l’axe Provence-Bretagne, celui du rapport sur l’hyper-ruralité en France.  » Ce que nous autres, pauvres cloches romantiques, tenions pour une clef du paradis sur Terre – l’ensauvagement, la préservation, l’isolement – était considéré dans ces pages comme des catégories du sous-développement. » Ce récit de voyage est l’objet de réflexions sur l’environnement et  l’histoire de la ruralité. Du retour du loup dans le Mercantour aux champs de lavande, avec leurs « rangs alignés » à Valensole, le promeneur a de quoi nourrir ses pensées. Sylvain traverse ensuite des villages « destinés à perpétuer le souvenir muséal de la campagne », faisant partie de circuits touristiques où l’ennui est banni . Son quotidien alterne la marche avec les siestes près de lavoirs ou sous des tonnelles, les rencontres avec l’autochtone et les nuits à la belle étoile. Après avoir traversé le Rhône et pénétré en Auvergne, les villages se font moins peuplés, les magasins plus rares. L’hyper-ruralité a de multiples visages. Elle recule tandis que les nouvelles technologies progressent. Sylvain Tesson se rassure, oui, il y a encore des chemins noirs en France mais pour combien de temps ?

Un texte court, dans un style agréable malgré  un côté parfois emphatique.