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15 jours de création !

 

Sophie Rigal-Goulard, auteur de romans jeunesse, nous a fait le plaisir de passer 15 jours en résidence de création littéraire à Altkirch dans le Sundgau. Ce séjour a eu lieu du 27 novembre au 8 décembre. L’objectif était d’une part, d’organiser des ateliers d’écriture animés par un auteur pour des collégiens, et d’autre part, d’organiser des rencontres entre ce même auteur et les publics des médiathèques ainsi que le personnel des bibliothèques du Haut-Rhin.

Au collège d’Altkirch, Sophie a travaillé avec la classe de SEGPA de Mme Farny. Elle a aidé de petits groupes à écrire des romans photos. Les élèves avaient lu plusieurs livres de Sophie et ont apprécié la rencontre avec l’auteure. Ils avaient d’ailleurs préparé des questions à lui poser.

Au collège de Dannemarie, quatre classes de sixième ont profité de la venue de Sophie pour s’intéresser au métier d’écrivain. Une classe de cinquième a pu discuter du thème de l’obésité, abordé dans le titre Isis, 13 ans, 1m60, 82 kg, publié chez Rageot. Les élèves ont composé un portrait chinois.

La classe de 6e B a bénéficié de plusieurs heures avec Sophie. Les élèves se sont penchés sur la réécriture d’un conte, Blanche Neige, qu’ils avaient étudié en cours. S’inspirant des thématiques des livres de Sophie (10 jours sans écran et 15 jours sans réseau, publiés chez Rageot), ils ont actualisé et détourné l’histoire en y ajoutant une bonne dose de nouvelles technologies et d’humour.

La classe Ulis a travaillé, quant à elle, sur le contre des Trois petits cochons. Ces derniers sont devenus les Trois petits connectéchons !

L’expérience est une vraie réussite grâce à la générosité et au professionnalisme de Sophie ! Merci aux enseignants, merci aussi aux bibliothécaires d’Altkirch et de Dannemarie qui ont accueilli les classes et les ont aidées à avancer.

Les deux rencontres « tout public » et les deux formations autour des livres de Sophie et de son travail ont, elles aussi, été appréciées. A chaque fois, il y a eu de nombreux échanges qui ont permis de mieux comprendre le travail de l’écrivain et sa place dans la chaine du livre. A travers les thèmes abordés, ce sont aussi les questions de société autour du numérique qui ont émergé, questions qui interpellent particulièrement les bibliothécaires. Comment, dans un contexte de sollicitation permanente, donner envie de lire ?

Nous avons eu même droit à un scoop ! En avant-première, nous avons pu découvrir la couverture du dernier livre de Sophie !

Sophie Rigal-Goulard_24-heures-sans-jeu-video

 

 

 

 

 

Trois saisons de l’orage Cécile Coulon Viviane Hamy 2017

Voilà, j’ai enfin pu lire ce roman très réservé ! Et pour cause…

Trois saisons d'orage_Cécile Coulon

Fontaine est un endroit reculé qui ne doit son essor qu’à l’entreprise d’extraction de pierre qui s’y est installée. Les Trois Gueules, d’énormes falaises, écrasent le paysage et semblent imposer leurs règles. André, jeune médecin venu de la ville, tombe amoureux du lieu et s’y installe. Insensible à la sourde menace, il est bientôt rejoint par son fils.

Fresque romanesque sur trois générations, ce livre aborde le thème de la ruralité, opposé au monde de la ville, celui des classes sociales et de l’empreinte de la nature sur l’homme.

Cécile Coulon excelle dans la description des paysages et des sentiments. Les portraits de ses personnages sont bien brossés. Bref, on rentre vite dans l’histoire pour ne plus la quitter. Un livre que l’ont peut conseiller aussi aux amateurs de terroir sensibles à la qualité de l’écriture.

Le Garçon Marcus Malte Zulma 2016

Le livre s’ouvre sur la mort de la mère du Garçon. Alors qu’ils ont toujours vécu seuls, dans la forêt, le jeune homme, muet décide de retourner à la civilisation. Dans un village isolé, il loue ses bras contre le gîte et le couvert. A la suite d’un ale-garcon_marcus-malteccident, il est contraint de s’enfuir. Errant sur les routes, il va de rencontres en rencontres. Frôlant la mort, il est hébergé par Auguste et sa fille Emma. Il découvre avec elle l’amour jusqu’à ce que la guerre l’arrache à sa nouvelle famille. Roman d’apprentissage, la vie du Garçon fait figure de fresque de ce début du 20ème siècle.

Marcus Malte a une plume superbe. Il a d’ailleurs été fort justement récompensé par le prix Fémina. Dommage que certains chapitres, comme un trop-plein, ne sont qu’une succession de mots et de listes. Un livre dense. **

Sauver et fils Saison 1 Marie-Aude Murail Ecole des loisirs 2016

Sauveur et fils saison 1

Sauveur est psychologue. Originaire de Martinique, il élève seul son fils, Lazare, 8 ans. Dans son cabinet défilent des familles recomposées, une ado qui se scarifie, une phobique scolaire, un enfant énurétique… Il y a aussi Gabin, un jeune homme que Sauveur héberge car sa mère est internée. Du coup, Lazare est souvent livré à lui-même et profite d’une porte entre-ouverte pour écouter les patients. Dehors, une ombre menaçante espionne le père et le fils.

Un psychologue comme personnage principal, c’est assez rare dans les romans pour être souligné. Il y a une volonté de dédramatiser les problèmes psychiques et le fait de consulter. Sauveur reçoit des patients de tout âge avec des problèmes différents. Dès lors, les thèmes abordés sont très riches : l’homosexualité, les victimes de pédophiles, le racisme, la quête d’identité… Même le psychologue, un père comme les autres, peut être dépassé. Les personnages notamment adolescents, sont sympathiques. Ce sont plutôt les adultes qui dérapent. Le justesse du ton  rend le roman convaincant.L’humour contrebalance habilement le côté sérieux. Une suite est déjà parue.**

J’ai toujours ton coeur avec moi de Soffia BJARNADOTTIR : ne plus perdre le nord

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Les auteurs venus du nord ne se limitent pas au genre policier et les éditeurs se tournent vers ce vivier prêt à être traduit ! Zulma et ses couvertures reconnaissables proches du design nordique l’a fait, justement.

coeur

Bienvenue dans la vraie vie, et les relations humaines partagées par la plupart des personnes. En l’occurrence, il s’agit de celles qui étaient censées unir Hildur à Siggy, dans le rôle de la mère excentrique toujours absente et actrice de ses fausses mises en scènes macabres .

Un petit exemple de scénario maternel :

Quand je suis revenu de l’école, elle était allongée tout habillée dans la baignoire, une Winston light aux lèvres. Johnny Cash hoquetait sur la platine. Ce genre de comédie ne me perturbait pas. Au fil du temps les mises en scène théâtrales de ma mère avait fini par m’ôter toute réaction. J’avais appris depuis l’enfance à ne plus trop ressentir.

Après la mort définitive de sa mère, elle s’aperçoit, justement, qu’elle ressent des choses et c’est toutes ces impressions venues de l’au delà que l’auteur va décrire avec minutie sans avoir peur du grotesque et du fantastique. Le récit sera illuminé parfois de douceur bienveillante au milieu de l’opération de reconstruction à base de souvenirs revisités.

Je la vénère et je la crains comme Shiva qui façonne et défait toute chose.

Hildur va réussir à survivre à Siggy malgré tout et emménage dans la petite maison jaune sur l’île de Flatey, la seule ayant été habitée par sa mère et qu’elle lui a léguée.

Les termites,les lombrics, les araignées, les sauterelles, les phoques et les cerfs. Ils rampent et vagabondent avec moi à travers le monde et se font des messes basses à propos de ce fragile retour à la vie. Ensemble, nous avons soif de vie.

Donc, un très beau petit roman intense qui remue et soulage à la fois. A réserver ici 

 

La Mémoire des embruns Karen Viggers Les escales 2015

Ce livre a bénéficié d’un bon bouche à oreille. Le titre et la couverture laissent imaginer une ambiance marine. Et c’est vrai,  le dépaysement est au rendez-vous. Nous sommes en Tasmanie, à l’extrême sud, de l’Australie. C’est de là que partent les expéditions pour telechargementle Pôle sud. Sur l’île de Bruny, Mary, femme de gardien de phare, a élevé ses trois enfants au tempérament différent. Si les deux premiers se sont empressés de retourner sur le continent, Tom, le benjamin, apprécie la nature et reste proche de sa mère. Il se remet difficilement de son divorce, engendré par un séjour au Pôle sud. Mary, elle, sent la fin de sa vie approchée. Contre l’avis de tous, elle retourne s’installer sur l’île. Elle souhaite voir encore une fois les lieux qui ont marqué sa vie et faire la paix avec ses souvenirs. Mais pour cela, elle doit convaincre le gardien de la réserve de l’accompagner. Tom, lui, fait une rencontre qui lui permet de retrouver le sourire.

C’est un livre que l’on pourrait lire, au chaud, derrière une vitre cinglée par la pluie. Il fleure bon les embruns côtiers. Si je n’ai toujours pas réussi à lire Les Déferlantes de Claudie Gallay, je suis parvenue plus facilement au bout de ce roman. Il est vrai que la trame n’est pas très surprenante. Le secret de Mary est vite éventé ; on se doute dès le départ de son contenu. Mais on se prend à apprécier l’ambiance et les personnages qui peuplent ce roman. Le destin de Mary illustre les choix que l’on fait dans la vie, la difficulté qu’il y a parfois à les respecter.

« Le siècle T3 » : « Aux portes de l’éternité » par Ken FOLLET

Voilà une jeune lectrice de 25 ans qui a de la chance. Elle a un un frère partageur qui lui a prêté ce livre et les précédents de la série « Le siècle », un classique des rayons des bibliothèques. Elle aime l’histoire romancée qui suit les personnages depuis la deuxième guerre mondiale et la variété de milieux sociaux abordés. Elle prend le train tous les jours pour aller travailler et le trajet lui permet de se plonger voluptueusement dans ce récit au long cours.

couverture de "Aux portes de l'éternité", T3 de "Le siècle" de Ken FOLLET