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L’Enchanteur de Stephen Carrière Pocket Jeunesse

L'enchanteur_CarrièreLa littérature pour adolescents ose des œuvres étonnantes. Après avoir lu Milly Vodovic de Nastasia Rugani dont j’ai apprécié l’histoire et le style si flamboyant, je me suis lancée dans cette nouvelle lecture. Ce roman semble susciter le rejet ou l’admiration mais ne laisse pas indifférent. L' »Enchanteur », c’est Stan, 15 ans. Il a un talent particulier pour résoudre les problèmes. Il est aidé par sa bande d’amis :  » [Daniel], un petit Black rond et chauve comme un œuf, [Jenny] , une grande fille baraquée et mutique,  [David] un feuj fragile au gabarit de fillette, et moi [Moh], le rebeu malingre, boutonneux et frisé ». Daniel est sur le point de mourir d’un cancer. Il demande à Stan un miracle, de prouver que l' »amitié ouvre des portes sur l’immortalité ».  Ce miracle aura la forme d’une comédie musicale en son honneur lors de la Fête du Fleuve. Moh, sera le metteur en scène. Il choisit « Le Songe d’une nuit d’été ». En parallèle, un groupe de jeunes racistes, les Tanaris, fait régner un climat malsain dans la ville. Lorsqu’un tueur en série s’en prend à des adolescents, le récit bascule dans le fantastique. Et si un monstre semait le chaos et se mettait sur la route du groupe d’amis ?

Stephen Carrière a choisi l’originalité. Il s’adresse à un public de grands adolescents et adultes à travers des références littéraires et un langage soutenu. Avec le nombre de personnages, il est facile de perdre le fil. Mais, si le lecteur s’accroche, il pourra apprécier l’atmosphère envoûtante de ce roman.

« LA RELIGION » de Tim WILLOCKS ; Trad ; par Benjamin LEGRAND

Le monde selon Tannhauser

Un roman historique trépidant, plein de fureur, de sang, mais aussi d’amour. Un de ceux qu’on m’a chaudement recommandé et que j’ai enfin pris le temps d’ouvrir !

Première partie de la « Trilogie de Tahnnhauser » (on attend le tome 3 après l’opus 2 : « Les enfants de Paris ») , cet ample roman se déploie autour du personnage complexe de Mattias Tannhauser, arraché à l’âge de 12 ans à sa famille décimée, pour devenir janissaire au service du grand Soliman.

Marqué à jamais par la violence et désabusé, il restera  traversé par des sentiments contraires et refusera de choisir, préférant profiter des opportunités lui permettant de faire prospérer son négoce, de profiter de la vie et de faire évoluer une libre pensée éloignée des partis pris. L’histoire se déroule pendant le siège de Malte par les troupes ottomanes en 1565 et même pendant cette page de l’histoire, Tannhauser trouvera le moyen d’aller vendre son opium sur le marché tenu par l’ennemi. Une des raisons qui m’ont fait aimer ce livre, c’est la richesse des personnages et surtout celle de Tannhauser, qui semble indestructible, tout en étant habité par de nombreuses contradictions.

Parmi celles-ci : Matthias, converti à l’Islam, mais combattant dans les rangs chrétiens de « La Religion » c’est-à-dire, les Hospitaliers, dernier des ordres chevaliers après la disparition des Templiers. Matthias amoureux de deux femmes : Carla la comtesse et Amparo, sa dame de compagnie à demie sauvage et un peu devineresse. Les femmes ici sont libres et sont relativement libres de choisir leur destin bien qu’ayant été des victimes à un moment de leur vie.

Matthias, géant aux yeux clairs carapaçonné dans son armure tranchant les têtes à tour de bras, ne dédaignant pas pratiquer l’éviscération et la torture à l’occasion, mais profondément ému par la viole de gambe que jouent ses deux amoureuses. Les scènes où il est question de musique et des effets qu’elle a sur nous sont magnifiques superbe Akhal Teke doré) et déchiré quand il ne peut s’en occuper (il a tout compris et lui parle).

Matthias, forgeron formé par son père et trouvant la sérénité dans le travail du métal.

Matthias, opportuniste, mais fidèle aux promesses faites à ses amis. Il a une bande d’amis qu’il retrouve à l’occasion de batailles entre Orient et Occident et notamment Bors l’anglais. Matthias, perméable aux influences du cosmos, mais riche de connaissances médicales. A ce sujet, l’auteur est médecin et psychiatre : la grande finesse psychologique des personnages et la description très réaliste des misères du corps humain pendant les guerres sont au rendez-vous.

Siège de Malte par Matteo Perez d’Aleccio 1547_1616
image Wikimedia

Pour d’autres raisons, c’est un livre que j’avais envie de retrouver tous les jours : le style recherché mais pas pédant, poétique même dans les scènes les moments les plus noirs et, cerise sur le gâteau ! dans les scènes érotiques réussies.

Un livre qui tient ses promesses : l’arrière-plan historique est solide, l’homme connaît son sujet. Les techniques de combat au corps à corps ainsi que les plans de batailles, la stratégie nous plongent au cœur de l’action.

L’aventure est là dans une version beaucoup plus trash qu’»Angélique Marquise des Anges » avec des pointes de sentimentalisme éclairant la noirceur des actions humaines. Il est aussi question des relations entre père et fils et d’un garçon à retrouver.

Des personnages attachants et, parmi eux,  même l’Inquisiteur a des doutes !

Un bémol : une tendance à en rajouter dans les fluides corporels et les odeurs qui sont souvent au rendez-vous sur les champs de bataille et ailleurs. J’ai sauté certains passages qui tenaient de la répétition.

J’avais fait une chronique « Le Feu divin » de Robert LYNDON, moins noir et donc, plus accessible.

Pour Réserver dans une bibliothèque du réseau 68 : c’est ici

« My absolute Darling » Gabriel TALLENT ; Trad. de Laura DERAJINSKI

L’amour monstre : c’est ce qui m’est venu à l’esprit tout au long de la lecture de ce livre dérangeant qui faisait partie de ma PAL d’été. Car, selon Martin,  il s’agit d’amour pour sa fille Turtle. En anglais, cela donne »Tortue », parce qu’elle a une magnifique carapace, cette ado de 14 ans  qui se parle à elle même pour tenter de démêler le vrai du faux. Forcément, elle n’a pas d’ami et les seules bribes de communication  qu’elle a au collège se limitent à un mot ou deux, concédé à la vie en commun. En général c’est plutôt . « Espèce de salope, assise là, avec ton vernis à ongle, à te passer la main dans les cheveux ». Langage qui peut gêner certains lecteurs, mais qui, à mon avis,  n’est pas artificiel et correspond vraiment à une violence qu’elle porte en elle.

Elle entretient une relation plus normale avec son grand-père vétérant du Vietnam, vivant un peu à l’écart,dans une caravane. En même temps, et c’est cela qui est terriblement malsain, son père est cultivé, grand lecteur et cette ambiguïté dont Turtle essaie de sortir à tout prix. Cela ne vous rappelle pas quelqu’un ? Une autre figure du mal : le révérent dans la « Nuit du chasseur », qui utilisait le discours biblique comme couverture pour mieux masquer ses intentions maléfiques.

 

Robert Mitchum dans »La nuit du chasseur » de Charles Laughton 1955

En père exclusif et charismatique, il « élève »? ? seul son adolescente dans le culte de la nature et la méfiance systématique vis à vis de ses congénères dans une maison  rudimentaire pénétrée par une nature sauvage encerclant le huis-clos du père et de la fille. Martin apprend la survie à sa fille, qui a comme occupation le tir au fusil, l’entretien scrupuleux des ses armes. Il la maintient « pour son bien » sous sa coupe terrifiante mêlant réflexion apocalyptique bien argumentée, déclarations d’amour passionnées accompagnant les abus sexuels et la violence crescendo qu’il lui fait subir à mesure qu’elle essaie de lui échapper. Le tout agrémenté d’intimidation et de poison distillé dans l’esprit de sa fille rendu captif jour après jour.

Mais, après deux rencontres bénéfiques : une professeure, puis un garçon, la fuite peut être programmée. Au nom de sa liberté, de sa survie et celle d’une autre proie capturée par Martin, la jeune fille va défier son père et prendre des risques difficilement calculables, et toujours remis en questions par l’amour tordu et la culpabilité qu’il a semés en elle.

Turtle reste là, et elle pense Tu peux tourner les talons maintenant car tu n’as aucun plan, tu ne peux rien faire, tu ne peux emmener cette gamine nulle part. Penser autrement serait un aveuglement total. Pense à  qui il est. A quel point il est plus grand que toi. A quel point il est plus fort et plus intelligent que toi. Elle pense Tu vas mourir… Et pourquoi ? A l’instant même où tu sortiras de la maison avec la gamine, il roulera jusqu’à la maison de la côte et il te tuera.

Le thème du mal a déjà été traité en littérature et ailleurs, mais la puissance de ce livre, proche du thriller m’a bouleversée et je me garderai bien d’en révèler l’issue !!

Pour se renseigner ou le réserver sur Calice68, c’est ici

Voir d’autres ciritiques : https://www.telerama.fr/livres/my-absolute-darling,n5514901.php ou  là

 

 

 

« Retour à Little Wing » de Nickolas BUTLER ; trad. de Mireille VIGNOL

Sur les conseils de ma collègue Bénédicte,  ce titre a eu le droit de faire partie de ma PAL d’été ! (à venir). Tous les ingrédients font de ce livre un candidat à une adaptation (les droits achetés, mais pas de tournage encore) : une bande de potes qui ont grandi dans un  patelin agricole plus ou moins touché par la crise. Ici, c’est Little Wing, enfoui au fin fond du Midwest américain. Certains ont voulu s’en échapper, d’autres y ont construit leur vie d’adultes. A l’occasion du retour dans le cadre d’un projet d’investissement local  de Kip, le plus arrogant, ils se retrouvent.

 

Schéma assez classique : c’est l’occasion de faire des bilans, d’essayer de régler certains contentieux, d’éclaircir des zones d’ombres, de faire des retours nostalgiques vers le passé commun. C’est un secret révélé qui va provoquer la  crise la plus importante, et apporter une dose de hasard vital.  Les chapitres sont chaque fois consacrés à un des personnages qui prend la parole pour faire des allers-retours entre passé simple et présent souvent complexe. C’est plutôt un roman centré sur les hommes qui révèlent ici leurs failles, leurs projets, leurs jalousies, leurs difficultés à communiquer, le tout dans une langue simple mais précise dans la psychologie. Le portrait de Beth, qui forme le couple le plus soudé avec Hank est aussi très bien, avec ce qui y a d’énervant dans les couples qui ont l’air parfaits !

Au début, j’ai trouvé tout cela un peu léger, mais l’histoire prend de l’épaisseur au fur et à mesure que certains éléments viennent déstabiliser l’échafaudage et que la porte s’ouvre sur certaines pensées fatales. Les amis sont suffisamment différents pour rendre le tableau crédible et c’est aussi sur l’empathie que se construit l’attrait de ce livre. On arrive forcément à s’identifier à l’un d’eux, même à plusieurs, selon les moments.  surtout quand on vient d’une famille moyenne, après avoir vécu dans une petite ville, ce qui est arrivé à beaucoup de lecteurs et à l’auteur, amoureux de cette région et qui y vit.. Le portrait de Lee, le musicien devenu célèbre a été inspiré par Justin Vernon et là , je ne résiste pas à un petit partage de  « Holocene » de ce superbe musicien  qui a fréquenté la même école que Nickolas Butler.


Pour finir, c »est aussi le portrait en filigrane de la ville et de certains américains.

LEE « Pour moi c’est ça, l’Amérique : des pauvres gens qui jouent de la musique, partagent un repas et dansent, alors que leur vie entière a sombré dans le désespoir et dans une telle détresse  telle qu’on ne penserait jamais qu’elle tolère la musique, la nourriture ou l’énergie de danser. On peut bien dire que je me trompe, , que nous sommes un peuple puritain, évangélique et égoïste, mais je n’y crois pas. je REFUSE  d’y croire »

Donc, un très bon livre, pas révolutionnaire, mais très attachant.

Il a reçu le Prix Page/America 2014, son Titre original : « Shotgun lovesongs »

A retrouver sur  Calice 68,  le portail des Bibliothèques du Haut-Rhin !

« Inconnu à cette adresse » de Kressmann TAYLOR ; trad.de Michèle LEVY BRAM

A l’origine de cette lecture, un post sur un groupe Face Book à recommander, « La vraie vie, c’est la littérature », où les commentaires sont souvent sources de découvertes, y compris de classiques !  Et c’est le cas pour ce livre cité par  Nathalie, une de mes collègues et revenant souvent dans les références d’autres bibliothécaires plus aguerries que moi, je m’en suis aperçue après ! Un petit format et donc, une lecture pouvant être menée en même temps que d’autres en cours…

 

Au départ,  des lettres ayant véritablement existé entre des allemands retournés au pays et d’autres, partis vivre ailleurs, souvent pour monter une affaire avant les années 30 alors que des vents mauvais commençaient déjà à souffler sur l’Europe. Ici, Max est le juif resté en Californie pour gérer la galerie d’art  montée avec Martin qui, lui, va retourner enrichi en Allemagne et représenter le patriote. La prouesse réalisée ici est de voir la dégradation très rapide des relations, au départ fraternelles, entre les deux associés à travers leur correspondance . Elle traduit très concrètement l’évolution entre 1932 et 1934, du statut des juifs en arrière plan historique. La montée en puissance de l’ idéologie nazie dans les esprits des allemands qui s’y abandonnent et tentent de sauver leur peau en essayant de composer avec les nouvelles règles (parfois ça leur réussit, parfois, c’est un échec).  On voit le retournement de Martin qui, veut préserver l’édifice familial à tout prix, sa compromission volontaire et surtout la perte  de son amitié avec Max.

 

C’est glaçant, on voit arriver les malheurs, mais pas forcément ceux qu’on avaient imaginés.

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Membres de la SA apposant sur la vitrine d’un commerce juif des pancartes proclamant :
« Allemands ! Défendez-vous !
N’achetez pas chez les Juifs ! »Plakate mit der Aufforderung « Deutsche, wehrt euch, kauft nicht bei Juden » angebracht.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être conseillé à des amateurs de documentaires historiques. Si vous voulez en savoir plus ou/et réserver, c’est ici

Un été invincible d’Alice Adams Albin Michel 2017

Eté invincible_Alice AdamsRestons encore un peu en été, au moins avec le titre et la couverture de ce roman…

Nous suivons la vie de quatre amis, Eva, Benedict, Sylvie et son frère Lucien depuis leur rencontre en faculté dans les années 90 jusqu’à aujourd’hui. Dans ce quatuor, il y a évidemment un triangle amoureux. Et lorsqu’Eva part en vacances en Grèce rejoindre Benedict, nous supposons la suite. Mais la vie et les relations humaines se montrent parfois compliquées. C’est bien là que réside l’intérêt du roman. Les personnages évoluent au gré de leurs histoires et de l’histoire avec un grand H. Nous les voyons se dépêtrer avec leurs déconvenues et réussites professionnelles et personnelles. Si ce n’est le cadre, Londres, ces quatre-là pourraient très bien être nos amis. Dommage que l’auteur n’ait pas approfondi chaque personnage de la même façon. Néanmoins, cette fable des temps modernes reste un bon moment de lecture.

« On se croyait en marge de la société […]. Bon sang, on aurait été dégoûtés à l’époque si on avait su à quel point on était comme tout le monde, à quel point les gens sont les mêmes partout sur cette terre. C’est drôle, parce que cette idée a quelque chose de réconfortant aujourd’hui ».

 

Tout l’amour est dans les arbres de Alessandro DE ROMA ; trad. par Vincent RAYNAUD

 

 

Sapins Photo BWK

Sapins Photo BWK

Et le mépris est partout…

Emilio et Pasquale, que tout différencie et surtout leur milieu d’origine nouent une relation addictive, fatale et malsaine dès leur rencontre alors qu’ils sont adolescents.Mais pas de sexualité  là dedans, du moins pas exprimée clairement, de la domination, seulement.
Voir décrits noir sur blanc des sentiments aussi négatifs, même si on les rencontre dans la « vraie vie », (et qu’on évite les personnes qui en sont porteuses), ça reste éprouvant pour moi. Pour la violence c’est la même chose, mais elle se voit et on a plus de chance de la repérer et c’est là toute la différence. Je reparlerai de ça à l’occasion de la critique à venir de « La femme qui avait perdu son âme » en cours de lecture.couverture du livre 3tout lamour est dans les arbres"

Donc, malgré toutes ses grandes qualités : style, histoire, thématique, l’introspection d’ Emilio, le narrateur,  tirant sa maigre énergie de l’humiliation qu’il inflige à son « ami » -esclave m’a mise dans un état de malaise persistant. Et c’est peut être le signe de la réussite du roman ! Mais ce n’est clairement pas la littérature qui me convient.

Le calvaire psychologique qu’il a  fait subir à Pascale, même s’il s’aperçoit que c’est le même que celui que la société tente d’infliger à ses membres est insupportable. Pas une once d’humour qui le sauverait peut être de la lâcheté qui le maintient au niveau du caniveau duquel même son éducation n’a pas pu le sortir.

Seule la forêt et les moments qu’il y partage avec son ami, lui permet de révéler son humanité et de faire taire enfin son cynisme. Il est rabougri et finit par vider de son amour toute relation qu’il tente d’avoir avec ses semblables : femme, frère…

Et c’est vrai que la beauté  de la Sardaigne aussi sauvage que les adolescents est magnifiquement rendue par la langue.

Au final, c’est lui qui se sentira blessé par la vitalité (toute relative) de Pasquale et les bienfaits apportés par cette amitié innocente des premières années ne suffiront à lui donner l’impression d’être meilleur qu’à la toute fin du livre.

Tandis que je conduisais en direction de chez moi, je sentais qu’il ne pouvais rien m’arriver de mal, car tout l’amour est dans les arbres, il  est en quantité inépuisable, pour peu qu’on ait le courage de lever les yeux et de se perdre dans l’entrelacs de choses sans limites qui renvoient les unes aux autres … Pascale avait fait de moi un homme meilleur.

Voilà, un grand auteur, mais pas fait pour moi !

Réservez le ici , sur le catalogue de la Médiathèque départementale 68

Le Carrousel de Cyrielle RECOURA

Un livre léger et qui fait du bien pour la rentrée. Acheté après lecture de la 4è de couverture par une utilisatrice quasi quotidienne du TER dans le cadre de son trajet vers son lieu de travail.

Le premier jour, elle ne semblait pas très enthousiaste, mais je l’ai revue alors qu’elle abordait les dernières pages et là, les surprises ménagées dans le cette histoire d’amitié féminine ont fait leur petit effet positif bon pour le moral.
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Annabel de Kathleen WINTER . trad par Claudine VIVIER

Un thème très américain : la maîtrise de son destin traité ici avec beaucoup de sensibilité. A sa naissance, Wayne est hermaphrodite. Son père décide d’en faire un homme en optant pour une opération. Mais en secret, et dans sa relation avec sa mère et la meilleure amie de celle-ci, il agit « comme une fille ». Les longues absences de son père, trappeur, lui laissent la possibilité de se laisser envahir par cette « nappe souterraine »   qui va prendre toute sa place à l’adolescence. C’est à ce moment qu’il prend la décision d’arrêter complètement son traitement . Parallèlement, son amie d’enfance se fraie également son chemin pour concrétiser ses rêves. Tout au long du livre, le poids de la société se fait ressentir et le père en est aussi la victime, dans sa poursuite de son idéal d’homme à transmettre à son fils. J’ai beaucoup aimé les moments où il doit agir en fonction de cet impératif écrasant et qu’il laisse les animaux sauvages lui dicter la voie la meilleure pour son enfant. Ca a l’air un peu allumé, mais n’oublions pas qu’il est trappeur, le gars !  Le personnage de la mère est moins intéressant car moins paradoxal, mais il l’est tout de même, intéressant !  Au final, un livre d’apprentissage dont la musique est encore présente un an après la lecture.

 

Roman d'apprentissage ado hermaphrodisme nature relation père fils mère

Auteur Joshua EARLE Creative Common